Yverdon(Suisse), Rugbysme, Apologie de la Violence: Cédric D, Franco-Blanc de 37 ans, meurt assassiné sur un terrain de Rugby(Màj: La Population est sous le Choc)

21/05/2019: L’Entraineur Témoigne

Un incident dramatique est survenu lors d’un match de rugby disputé ce samedi à Yverdon. Un rugbyman neuchâtelois membre de l’entente des Gryffons Neuchâtel-Yverdon a été victime d’un malaise cardiaque. Il est décédé au CHUV de Lausanne où il a été héliporté.

Un rugbyman neuchâtelois âgé de 37 ans et de nationalité française est décédé ce samedi en début d’après-midi à Yverdon (au stade des Vuagères) lors d’un match d’Excellence A (2e division) entre la réserve de l’entente Gryffons Neuchâtel-Yverdon et la deuxième équipe de Genève Plan-les-Ouates.

«Un incident médical – un arrêt cardio-respiratoire, selon la Police vaudoise – est survenu lors d’une phase de jeu régulière», informe la Fédération suisse de rugby (FSR) dans un communiqué. Ce joueur du Neuchâtel RC s’est trouvé dans un état critique et il a été héliporté par le personnel de la REGA au CHUV de Lausanne, où il est décédé.

Le président neuchâtelois témoigne

La victime s’est effondrée pendant une mêlée ouverte (maul) vers 14h, précise la police vaudoise. «Du personnel médical formé était sur les lieux et la victime a été prise en charge très rapidement», selon le communiqué de la FSR. «Les services d’urgence ont été alertés et sont arrivés au plus vite.»

Le président du Neuchâtel Sports Rugby Club (NSRC), Hugues Steyner était présent à ce match à Yverdon et il raconte: «Notre joueur est resté au sol à la suite de cette action. Une des membres de notre staff médical s’est rapidement rendu compte de la gravité de la situation. Elle a couru vers lui et lui a prodigué un massage cardiaque tout en demandant que quelqu’un appelle une ambulance. Ce qui a été fait. Lorsque l’hélicoptère est venu et qu’ils ont emmené notre joueur, on s’est tout de suite rendu compte que c’était très grave. Quelques instants plus tard, nous avons été informés de son décès.»

Causes inconnues

Les causes exactes de ce décès sont inconnues pour le moment. «Toute spéculation serait entièrement inappropriée», ajoute le communiqué. Le ministère public du canton de Vaud a ordonné un examen médicol-légal pour déterminer les causes exactes de ce décès, indique la Police vaudoise. Plusieurs personnes présentes au match ont été entendues par des enquêteurs de la police de sûreté et de la gendarmerie vaudoise.

Le joueur décédé est un rugbyman expérimenté. Ce Français de 37 ans domicilié à Neuchâtel disputait le dernier match de la saison. Samedi à Yverdon, il était capitaine de cette équipe de copains auxquels il était allé donner un coup de main. Son club, lui a rendu un vibrant et émouvant hommage sur sa page facebook (lire ci-dessous).

«Pour l’instant, nous ne réalisons pas encore ce qu’il s’est passé», témoigne ce dimanche soir Hugues Steyner. «Pour nous, c’est inimaginable! Nous connaissons ce joueur depuis 2008. Il venait de France, de Lorraine plus exactement, et il avait déjà joué au rugby avant d’arriver en Suisse. Il a longtemps joué en première équipe. Samedi, il était capitaine parce que nous faisons un tournus dans cette équipe. Il a dû jouer la moitié des matches avec notre réserve cette saison. Quand il était disponible, il venait volontiers nous aider.»

Dans le privé, cet homme était employé chez Philipp Morris à Neuchâtel comme chimiste depuis quelques années. Impliqué dans de nombreuses activités, il était unanimement apprécié par ses collègues, selon le témoignage d’un d’eux. 

Arcinfo

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20/05/2019:

 

 

Le drame est arrivé au début de la seconde mi-temps, sur la pelouse des Vuagères, à Yverdon. C. D., 37 ans, s’est effondré durant un «maul», soit un regroupement autour du porteur de ballon lors d’un match de rugby. Victime d’un arrêt cardiorespiratoire durant une rencontre de la réserve de l’Entente Neuchâtel-Yverdon avec Genève Plan-les-Ouates, il a fait immédiatement l’objet de tentatives de réanimation par des personnes présentes sur le terrain, selon des témoins.

Malgré l’intervention rapide des secours, ce Français domicilié à Neuchâtel est décédé au CHUV, à Lausanne, où il avait été héliporté par la Rega. «Personne ne sait quel a été l’élément déclencheur de cet arrêt cardiaque, dit Vincent Piguet, président du Rugby Club Yverdon, qui se repasse en boucle les images de cet événement depuis samedi. Tout s’est passé très vite. Les clubs suisses sont sous le choc.»

 

Comme le confirme Arnold Poot, répondant médias de la police vaudoise, la procureure de service a ouvert une enquête «afin de déterminer les causes de l’arrêt cardiorespiratoire. Elle a demandé un examen médico­légal. C’est une démarche plus médicale que pénale.» Plusieurs personnes présentes lors du match ont été entendues par les enquêteurs de la police de sûreté et de la gendarmerie. Un soutien psychologique leur a été proposé. «La chaîne de secours a été magnifique, confirme d’ailleurs Vincent Piguet. La médecin urgentiste nous a tenus informés de la situation de manière très factuelle et avec beaucoup d’empathie.» L’équipe a appris la nouvelle du décès de C. D. en fin d’après-midi, via un coéquipier et ami qui s’était rendu au CHUV.

Inédit en Suisse

Selon Veronika Muehlhofer, directrice de la Fédération suisse de rugby, ce type de drame n’est jamais arrivé en Suisse. «Le rugby est une communauté assez familiale où tout le monde se connaît. La nouvelle a été diffusée très vite, et plusieurs matches ont été annulés durant le week-end.» Outre la rencontre en cours ce samedi, le match de LNA qui devait opposer les deux premières équipes des mêmes clubs dans la foulée a également été reporté. «C’est à chaque club de décider s’il est apte à jouer ou non après ce drame, explique Veronika Muehlhofer. Certains ont tenu à maintenir les matches malgré tout, pour se serrer les coudes autour du jeu. Quant aux rencontres qui ont été annulées, nous verrons en début de semaine, au cas par cas, si elles peuvent être reprogrammées.»

D’après Vincent Piguet, tous les coéquipiers du joueur décédé se sont retrouvés dans un bar neuchâtelois le samedi soir pour partager leur peine. «C’est un signe fort. Le rugby est un sport de combat. Même si certaines personnes sont brisées, l’équipe est soudée et va remonter la pente.»

Pour lui, ce drame est une occasion de réfléchir aux valeurs du rugby, réputé plus fair-play que le football, mais aussi à l’évolution de ce sport. «Même si l’on ignore ce qui a déclenché l’arrêt cardiaque de C. D., on sait que le jeu est devenu beaucoup plus dur physiquement ces dernières années. La masse musculaire, la vitesse, la violence des chocs ont augmenté. Des discussions ont lieu pour modifier les règles sans dénaturer le jeu.»

Quant à l’âge du joueur, 37 ans, il n’est pas exceptionnel dans ce type de compétition, assure Vincent Piguet. «Dans une équipe comme celle-là, il y a souvent des joueurs de 19 ou 20 ans et d’autres plus âgés, qui ont une certaine maturité sur le plan du mental. Certains continuent à jouer jusqu’à 40 ou 45 ans.»

(TDG)