Vincent Bolloré, enleveur de ports

L’homme d’affaires a été placé en garde à vue mardi à Nanterre, dans le cadre d’une enquête sur les conditions d’octroi de concessions portuaires en Guinée et au Togo en 2010, sur fond de liaisons dangereuses entre sa filiale Havas et des dirigeants africains.

Stupeur et tremblements dans le microcosme financier : songez donc, Vincent Bolloré en garde à vue ! Mais sourire entendu des françafricanistes : ça devait bien arriver un jour… Sur directive du coriace juge d’instruction Serge Tournaire, le trublion patron du groupe de transport, de logistique et de communication (mais aussi son numéro 2, Gilles Alix) est donc passé à la question depuis mardi à propos de ses concessions portuaires en Afrique. Deux d’entre elles semblent retenir l’attention des enquêteurs : celles de Conakry (Guinée) et Lomé (Togo), toutes deux obtenues en 2010. Dans les deux cas, des concurrents éconduits avaient déposé des plaintes pour corruption, vite classées sans suite. Avant que la justice pénale française ne s’ébroue à retardement, avec une perquisition de la tour Bolloré, siège du groupe à Puteaux (Hauts-de-Seine) au printemps 2016. Entre-temps, Bolloré n’aura été entendu qu’en tant que simple témoin en 2013, juste histoire de dire qu’il délègue volontiers à son staff toutes ses activités africaines et qu’il n’a «jamais suivi ou signé» personnellement le moindre contrat de concession portuaire.

Liberation