Travail Au Blanc: Le couple Frédéric Chatillon-Sighild Blanc détourne des Millions d’Euros pendant la campagne présidentielle(Màj: 4 Ans de Prison et 200000 Euros d’amende Requis)

Prison ferme pour des proches de Marine Le Pen, amendes pour le parti frontiste et l’entreprise Riwal, dissolution du microparti Jeanne… Des réquisitions sévères ont été énoncées, mercredi 27 novembre, au procès du financement du Front national (FN), devenu Rassemblement national (RN). Le parti et plusieurs de ses acteurs sont soupçonnés, entre autres, d’escroquerie et d’abus de biens sociaux pour un montage financier complexe impliquant la structure Jeanne et la société de communication Riwal, appartenant à Frédéric Chatillon.

Contre celui-ci, une peine de quatre ans de prison, dont deux ferme, ainsi qu’une amende de 200 000 euros et une interdiction de gestion définitive a été requise. Frédéric Chatillon, proche conseiller de la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, doit répondre notamment aux accusations d’abus de bien sociaux et de blanchiment desdits abus, d’enrichissement personnel, donc, au détriment de sa propre société. Contre sa compagne Sighild Blanc, absente à l’audience et poursuivie pour des faits similaires, une peine de douze mois avec sursis, une amende de 70 000 euros et interdiction de gestion pendant cinq ans a été demandée.

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Une amende de 500 000 euros a été requise contre le Front national dans l’affaire des kits de campagne des législatives de 2012. Avant les réquisitions du parquet, l’avocat de l’Etat, seule partie civile au procès, avait réclamé 11,6 millions d’euros de dommages et intérêts au parti frontiste et à ses coprévenus dans l’affaire des kits de campagne des législatives de 2012. L’avocat de l’Etat, Me Bernard Grelon, avait égrené les « manœuvres » du Front national (FN), devenu Rassemblement national en 2018, pour « détourner les règles électorales » et obtenir un remboursement indu des dépenses de campagne de ses candidats. Une amende de 200 000 euros a également été requise contre la société de communication Riwal.

Crochet, Jalkh, Loustau…

Le parquet de Paris a également demandé la dissolution du microparti Jeanne.

Contre le comptable Nicolas Crochet, homme lige constamment présent, a notamment été requise une peine de trente mois de prison, dont six ferme, 70 000 euros d’amende et une interdiction d’exercer comme expert comptable pendant cinq ans. Contre l’eurodéputé Jean-François Jalkh, spécialiste électoral du parti, le parquet de Paris a demandé une peine de deux ans de prison avec sursis, cinq ans d’inéligibilité et 50 000 euros d’amende.

 

Le Monde

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24/11/2019

Décidément, rien n’est simple au procès du Front national (FN devenu depuis Rassemblement National RN). Si le cœur de l’affaire réside dans un montage alambiqué, où le microparti de Marine Le Pen, Jeanne, facturait aux candidats FN aux législatives 2012 un « kit de campagne » tout compris, que lui vendait la société de Frédéric Chatillon, Riwal, ce n’est que l’un des volets du dossier.

L’autre, qui a occupé la 11chambre du tribunal correctionnel cette semaine, ce sont les nombreux soupçons d’enrichissement personnel (abus, recel ou trafic de bien sociaux) des divers protagonistes. Jeudi 21 novembre, le flamboyant patron de Riwal et proche de Marine Le Pen a dû expliquer à la fois son usage très libéral de la carte bancaire de sa société et le fait qu’il avait rémunéré plus que confortablement (1,4 million d’euros au total) Unanime, la société créée par sa compagne Sighild Blanc, pour son travail de graphisme lors des législatives.

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Vendredi, le tribunal se penchait sur la suite de cette histoire : le paiement par Unanime d’une facture de 315 000 euros à une société basée à Hongkong, Ever Harvest, propriété du frère de l’expert-comptable de Jeanne et prestataire de Riwal, Nicolas Crochet, autre prévenu de ce procès. Les juges d’instruction soupçonnent cette fausse facture d’avoir servi à transférer des fonds pour éviter l’impôt, et ont retenu le motif de blanchiment d’abus de biens sociaux.

Des soupçons infondés, selon M. Chatillon. Et celui-ci de se lancer dans un récit alambiqué, qui commence fin 2012 : « Pascal Xatart, un ami, me dit qu’il est en train de faire une levée de fonds » pour son entreprise basée à Singapour, Giift, qui gère des programmes de fidélité de grands groupes. Cet ami propose à M. Chatillon de « participer », et sa compagne, Sighild, dit son intérêt : “Je souhaite investir, c’est une start-up, ça m’intéresse” ».

Seulement voilà : les délais sont courts. « On sait qu’on n’aura pas le temps d’avoir une structure à Hongkong, donc j’essaie de trouver une solution quitte à régulariser ensuite », développe M. Chatillon. La solution passe par le frère de Nicolas Crochet, Sébastien, qui possède plusieurs entreprises en Asie, dont Ever Harvest, l’émetteur de la facture, qui correspond sur le papier à des prestations de site Internet pour les candidats FN aux législatives – assurées en réalité par Riwal.

Le Monde