Travail au Blanc, Fisc-Fucking: Carlos demande une nouvelle libération sous caution

L’ancien PDG de Renault-Nissan avait été à nouveau arrêté le 4 avril à son domicile de Tokyo, un mois à peine après être sorti de prison. Il est désormais sous le coup de quatre inculpations.

À Tokyo

Nouveau revers pour Carlos Ghosn. L’ex-président de l’Alliance Renault-Nissan a été pour la quatrième fois mis en examen lundi, au terme d’une nouvelle garde à vue, pour abus de confiance aggravé. Ce n’est pas une surprise. Le procureur de Tokyo l’avait cueilli au petit matin le 4 avril pour le placer une nouvelle fois en garde à vue sur la base de nouvelles accusations. Selon la justice japonaise, l’ex-patron de Nissan a détourné à des fins personnelles 5 des 15 millions versés pendant trois ans par le constructeur japonais à son distributeur à Oman.

 

L’argent aurait notamment servi, indirectement, avance la presse de l’Archipel au diapason de l’accusation, pour l’achat d’un yacht, nommé Shachou («patron» en japonais), utilisé par la famille Ghosn, ainsi qu’un investissement dans Shogun, la start-up de son fils Anthony. Nissan, de son côté, a annoncé une nouvelle action en justice contre son ex-président lundi. La défense s’interdit toujours d’opposer des contre-arguments à ceux de l’accusation au motif qu’elle n’ont pas encore toutes les pièces du dossier.

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Carlos Ghosn a sans doute changé d’attitude face aux procureurs pendant les interrogatoires qui ont émaillé cette nouvelle incarcération. Avant qu’il soit arrêté de nouveau, ses avocats lui avaient conseillé de se murer dans le silence, lui qui était jadis coopératif. Cette nouvelle mise en examen ouvre pourtant la voie à une possible libération de l’ex-dirigeant. Il espère se voir accorder par le juge une libération sous caution, à la demande de ses avocats, d’ici la fin de la semaine.

La pire semaine pour les détenus

Le magistrat instructeur avait déjà, à titre exceptionnel, raccourci de dix à huit jours l’extension de sa garde à vue, sans doute pour ménager la possibilité d’une sortie de détention avant samedi. Ce jour-là commence en effet la traditionnelle période annuelle de congés au Japon dite de la «semaine dorée». En temps ordinaire, elle est, comme tout moment de vacances, très dure pour les prisonniers: faute de personnel pénitentiaire, ils n’ont en principe même pas droit à la visite de leur avocat, sauf raison exceptionnelle.

Or, cette année la «semaine dorée» sera extrêmement longue pour marquer l’arrivée sur le trône, le 1er mai, du nouvel empereur Naruhito. S’il restait enfermé, Carlos Ghosn connaîtrait donc, selon d’ex-détenus, «le pire» du régime carcéral nippon. La justice japonaise veut peut-être éviter les accusations de «justice d’otage» qui pleuvent sur elle. Dernière nouvelle, plutôt bonne pour l’intéressé: les procureurs n’ont pas de charges supplémentaires, croit savoir le très informé quotidien Asahi

Le Figaro