Travail au Blanc: Chantal Goya obtient 2.5 Millions du Crédit Municipal tout en étant fichée interdite Bancaire

L’affaire fait grand bruit à Bordeaux, surtout en pleine période électorale. Selon des informations du journal Sud Ouest la chanteuse Chantal Goya et son mari, l’auteur-compositeur Jean-Jacques Debout auraient contracté en avril 2018 un prêt de quelque 2,2 millions d’euros auprès du Crédit municipal social et solidaire de Bordeaux (CMB).

Cet emprunt d’un montant important – «hallucinant», n’ont pas hésité à titrer nos confrères Sud Ouest – accordée à la chanteuse de Pandi Panda ainsi que d’autres octroyés à des marchands d’art par le CMB, institution placée sous la tutelle de la mairie de Bordeaux. Au point de déclencher l’ouverture d’une enquête préliminaire pour tentative d’escroquerie sur des prêts accordés par cette institution que l’on nommait jadis Mont-de-piété. Enquête menée par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Cet organisme de contrôle, surnommé «le gendarme de la banque», pour s’assurer du bien-fondé des emprunts accordés depuis 2018 a déjà rédigé des fiches d’évaluation, client par client. Toujours selon Sud Ouest , qui a consulté certains de ces documents, ce serait les garanties nécessaires pour octroyer les prêts, historiquement nommés gages, qui poseraient des questions de déontologie de la part du Crédit municipal.

Les droits Sacem en garantie

Ainsi dans le cas de la somme de 2,2 millions d’euros prêtée au couple Chantal Goya-Jean-Jacques Debout, l‘établissement bordelais aurait fait fi d’une interdiction bancaire. Et ce serait la garantie de la Sacem – l’institution qui régit les droits d’auteur des auteurs, compositeurs et interprètes – qui aurait emporté la décision d’octroyer un prêt à la chanteuse qui a repris le chemin de la scène il y a maintenant plus d’un an. Le CMB se serait basé sur les droits d’auteurs du couple en 2016 sans tenir compte de son endettement. Cette année-là, Chantal Goya apparaissait au fichier de la Banque de France.

Les enquêteurs de l’ACPR, ont déjà fait part de leur réserve dans la fiche d’évaluation de l’emprunt Goya-Debout, comme l’on peut l’apprendre dans Le Parisien«Comment le CMB s’est-il assuré que les revenus du client Sacem couvriront les charges d’emprunt mensuelles dans la mesure où les revenus disponibles figurant dans le dossier datent de 2016? […] Sur quelle base le CMB a-t-il projeté le remboursement du capital, compte tenu des dettes élevées?», s’interrogent-ils.

L’Autorité de contrôle met en doute d’autres prêts à d’autres clients dont les montants ne semblent pas être couverts par la valeur des objets mis en gage. Sud Ouest évoque également le cas d’une princesse persane qui serait parvenue à emprunter 750.000 euros après avoir mis en gage plusieurs biens dont la valeur totale n’atteindrait pas les 375.000 euros.

 

Christophe Leuret, le directeur du Crédit municipal de Bordeaux réfute en bloc ces accusations et assure que toutes les garanties nécessaires sont prises par ses équipes avant d’accorder un prêt. «Notre vocation est avant tout sociale. Je rappelle que nous fonctionnons sans argent public. Nous nous adressons à des personnes en difficulté ou laissées en marge du secteur bancaire et travaillons à l’inclusion financière… Notre credo: c’est gagner plus pour aider plus. À titre d’exemple les prêts sur gages de moins de 100 euros ne font l’objet d’aucun taux intérêt.»

Le rapport de l’enquête de l’ACPR sur les méthodes de la «banque des pauvres» devrait être rendu dans quelques semaines.

 

Le Figaro