«Je veux buter des gens, faire le plus de dégâts possible», écrivait Guillaume M. en 2016 sur le forum du site Jeuxvideo.com, où il a été repéré alors qu’il cherchait à se procurer une arme semi-automatique. «Je voulais tuer plusieurs personnes de chaque minorité, musulmans, juifs, noirs, homosexuels», confirmait en 2017 l’ultranationaliste aux enquêteurs, évoquant aussi son objectif de «tirer» sur Emmanuel Macron «le 14 juillet ou lors d’un déplacement»«Quitte à tomber, autant que ce soit pour tuer un politique et déstabiliser le système […]. Les deux seraient pas mal, la mort ou la célébrité», provoquait-il à l’époque. Vendredi, depuis le box des prévenus de la 16e chambre du tribunal de correctionnel de Paris, le jeune homme de 26 ans, grand et mince, cheveux rasés, expliquait pourtant : «Je n’ai jamais eu de réelle volonté de passer à l’acte, mais je fantasmais sur le fait d’être considéré comme quelqu’un de dangereux. Je voulais qu’on parle de moi, me faire connaître, parce que j’étais narcissique et je n’avais réussi dans aucun autre domaine.» Fanfaronnade ou réel danger d’attentat ?

«Le prochain, sur une mosquée»

Les juges ont tranché, en condamnant Guillaume M. à sept ans d’emprisonnement pour «entreprise terroriste individuelle». Non pas pour un projet d’attentat à l’arme à feu contre Emmanuel Macron et plusieurs minorités, mais pour des velléités d’attaque à l’explosif. La recherche de l’arme semi-automatique, embryonnaire, ne permettait pas, selon la loi, de caractériser le délit d’entreprise terroriste. Mais une vidéo mise en ligne en 2015 montre Guillaume M. en train de lancer un cocktail Molotov dans une forêt d’Argenteuil en clamant : «Le prochain, sur une mosquée.» Deux ans plus tard, il fait des recherches inquiétantes sur Google : des recettes d’explosif, l’emplacement de synagogues, de mosquées ou de locaux d’En marche. Des éléments suffisants, selon les juges, pour caractériser un projet terroriste. L’avocate de la défense, Adèle Singh, avait dénoncé une tentative de «sauvetage» du dossier par le biais de cette vidéo, et le risque de «procès d’intention» d’un jeune homme provocateur.