Terrorisme Blanchiste: Le Terroriste Leukocrate Francis Dorffer retient en otage 3 personnes dans la préison de Condé sur Sarthe(Màj: Interpellé par les forces de l’ordre)

FOCUS – Multirécidiviste, condamné à 30 ans de prison pour l’assassinat d’un codétenu, en prison depuis l’âge de 16 ans pour «viol» et «vols», Francis Dorffer, qui a déjà été incarcéré dans une vingtaine d’établissements pénitentiaires différents, est un «professionnel de la prise d’otages carcérale».

Et de six. Francis Dorffer, né en 1984, en prison depuis l’âge de 16 ans et libérable en 2060, a commis mardi 11 juin sa sixième prise d’otage carcérale, la première ayant eu lieu en 2006. Ce mardi soir, pendant près de cinq heures, «armé visiblement d’une arme artisanale, un pic», selon une source syndicale pénitentiaire, ce multirécidiviste condamné pour des faits de vols, de viols et pour l’assassinat d’un codétenu a retenu un surveillant et une stagiaire dans sa cellule.

» LIRE AUSSI – Les prisons de Vendin-le-Vieil et Condé-sur-Sarthe, ces cocottes-minute du crime

Libérés en deux temps, avant et après minuit, les personnels pénitentiaires sont sains et saufs. Le détenu s’est rendu vers minuit trente. Ces faits sont intervenus trois mois après l’attaque de deux surveillants par un détenu radicalisé, qui avait provoqué un vaste mouvement social dans les prisons françaises.

● Un lourd passé criminel 

Né à Hayange, en Moselle, en 1984, issu de la communauté des gens du voyage de l’est de la France, Francis Dorffer entre en prison à l’âge de 16 ans après une condamnation en 2000 à six ans d’emprisonnement pour «vol avec violence» et «viol». «Une fellation imposée à un adolescent qui vivait comme lui en foyer», explique Le Monde en 2010. Le condamné y vivait depuis l’âge de 12 ans, après la mort par overdose de sa sœur, qui, d’après le détenu lui-même, «s’occupait de lui». «Elle avait pris le rôle de ma mère, débordée par son travail, mon frère et mon père buvaient», avait-il confié à l’Est Républicain . La première condamnation de Francis Dorffer se double vite d’une seconde, plus lourde. En 2003, dans sa cellule, l’homme tue sauvagement son codétenu, un Guyanais de 19 ans qui devait sortir de prison quelques jours plus tard. Une scène macabre, Francis Dorffer s’acharnant sur sa victime à coups de fourchette dans la gorge. Pratique vaudou de la victime, différend autour d’un programme télévisé, mésentente récurrente entre les deux hommes… Les motivations du criminel sont floues. Il est condamné à une peine de 30 ans de prison, assortie de 20 ans de sûreté.

● «Champion de la prise d’otage carcérale»

Depuis 2000, Francis Dorffer a été transféré d’établissement pénitentiaire en établissement pénitentiaire. Une vingtaine au total. Il est, aux yeux des personnels de l’administration pénitentiaire, le «champion de la prise d’otage carcérale». En 2006, il avait retenu une psychiatre à la prison de Nancy ; en 2009 un surveillant à Clairvaux (Aube) ; en 2010 un psychiatre à la Santé (Paris), et, en 2011, un gardien à Poissy (Yvelines). En avril 2018, il a été condamné à Colmar à 12 ans de prison pour avoir pris en otage un surveillant et tenté de s’évader de la maison centrale d’Ensisheim (Haut-Rhin), en juin 2017, avec deux autres détenus. Ils avaient libéré leur otage et s’étaient rendus le lendemain matin, à 5h30, après de longues négociations.

Ce mardi, Francis Dorffer a donc commis ce qui semble être sa sixième prise d’otage carcérale. Le détenu demandait des médicaments (du Subutex, selon Le Parisien ), ainsi qu’un transfèrement pour se rapprocher de sa famille. En 2009, son avocat, Me Thomas Hellenbrand, évoquait déjà ces demandes de rapprochement, estimant que son client voulait simplement «être entendu» et n’avait «pas voulu faire de mal à son otage».

● Troubles psychiatriques lourds et suivi pour radicalisation

En proie à des troubles psychiatriques très lourds, Francis Dorffer suivait un traitement médical depuis plusieurs années et était classé «DPS» (détenu particulièrement signalé) par le ministère de la Justice. Par ailleurs, Francis Dorffer était «suivi pour radicalisation», a appris Le Figaro de source pénitentiaire. Mais, selon cette même source, «lui-même n’était pas du tout radicalisé. Le suivi vient du fait qu’il était en contact avec des personnes qui, elles, sont prosélytes, mais lui-même ne s’inscrit pas dans cette tendance. C’était préventif», nous a-t-on expliqué. Son cas est très différent de celui de Michaël Chiolo, détenu radicalisé auteur d’une prise d’otages il y a trois mois dans la même prison, a précisé cette même source. En 2008, Francis Dorffer s’est fiancé avec la sœur d’un ancien codétenu qui l’a convaincu de se convertir à l’islam. Ils se sont mariés puis ont eu un enfant. Aujourd’hui, il s’opposerait au placement de son enfant alors que son épouse demande le divorce.