Suprematisme, Pantin(93): Un milicien blanc suprematiste agresse un passant dans la rue

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L’agent filmé en train de gifler un homme devant un commerce a été reconnu par sa hiérarchie. Les faits dateraient de huit mois. Le parquet a saisi l’IGPN.

Un fonctionnaire de police du commissariat de Pantin (Seine-Saint-Denis) a été désarmé et cantonné à des missions de bureau, depuis lundi, suite à la diffusion d’une vidéo amateur. Sur ces images, on aperçoit un homme à l’allure sportive, en civil, gifler à plusieurs reprises une personne dans la rue, dos à un magasin, et qui ne semble pas opposer de résistance. La scène, filmée par une caméra de surveillance, a ensuite été filmée par un téléphone portable.

Une première claque, une deuxième, puis une troisième… L’homme qui frappe a l’air malgré tout de vouloir rester discret. Car entre chaque coup, il jette un œil à gauche puis à droite. Puis il finit par vider sur le trottoir une cannette qu’on pense appartenir à l’homme qui vient d’être frappé.

Les images s’arrêtent. Que s’est-il passé avant ? Après ? Une enquête est en cours. Fait rare, sans attendre les conclusions, le fonctionnaire, identifié par sa hiérarchie, a été désarmé et interdit de voie publique.

C’est le maire qui a alerté le commissariat

«C’est une mesure conservatoire qui n’est pas habituelle, cela résulte d’un entretien avec le chef de service. Compte tenu des faits, il n’aurait pas été raisonnable de le laisser sur la voie publique pour le moment. C’est aussi pour le mettre à l’abri et lui permettre de se reprendre», explique une source policière qui rappelle que le fonctionnaire en question jouissait jusqu’à présent d’une «bonne réputation».

Un autre fonctionnaire de police confirme. «Il est en poste depuis une dizaine d’années et méconnu pour des faits de violence», avance ce policier.

C’est le maire de Pantin, Bertrand Kern (PS) qui a alerté le commissariat, après avoir découvert sur sa page Facebook la fameuse vidéo, avec pour commentaire «Monsieur le maire, est-ce que vous savez ce que fait la BAC sur Pantin ?» «Cela m’arrive deux à trois fois par an d’être alerté de la sorte et à chaque fois, je vérifie ce qu’il en est, réagit l’élu. J’ai prévenu le commissaire avec qui j’entretiens une coopération assez efficace.»

La réaction n’a pas tardé. Le fonctionnaire a été relevé du terrain, le parquet de Bobigny avisé, et l’IGPN, la police des polices, saisie dans la foulée.

Diffusée très récemment, cette vidéo relaterait des faits en date du 27 octobre 2017, d’après les recoupements faits avec une interpellation. Aucune plainte pour violences policières n’a été retrouvée.