Sionistan, l’Agonie: ((Benjamin Mileikowsky)), acculé,ne veut rien lâcher

Israël : acculé, Benyamin Netanyahou ne veut rien lâcher

« Bibi » est devenu le premier chef de gouvernement de l’histoire d’Israël à être inculpé pour corruption. « Je vais continuer à diriger le pays », a-t-il déclaré.

Toute la classe politique s’y attendait. Il n’empêche, l’annonce de la mise en examen du Premier ministre Benyamin Netanyahou pour corruption, fraude et abus de confiance a suscité un véritable choc au sein de l’establishment israélien. C’est en effet la première fois dans l’histoire du pays qu’un chef de gouvernement en exercice est inculpé.

Moins d’une heure après la déclaration d’Avichaï Mandelblit, le conseiller juridique du gouvernement qui fait fonction de procureur général, Benyamin Netanyahou a pris la parole devant les caméras. D’emblée très clair, il a lancé : « Je vais continuer à diriger le pays, quoi qu’il advienne. » Puis il a tiré tous azimuts. D’abord, contre la police, ses enquêteurs qui, selon lui, auraient agi comme des mafieux et les services du procureur, tous accusés d’avoir fomenté un coup d’État pour le renverser, faire tomber le gouvernement de droite. Puis est venu le tour des médias « qui, dit-il, se sont mobilisés contre lui ». De fait, hier soir jeudi, Netanyahou a persisté dans la ligne qu’il défend depuis des mois : il est la victime des institutions qui ont partie liée avec son principal ennemi politique, la gauche, soutenue par les formations arabes.

 

Que va-t-il se passer à présent ? Selon la loi, un chef de gouvernement ne peut être ni limogé ni forcé à démissionner, aussi longtemps qu’il n’est pas condamné par un tribunal. Après l’échec de Benny Gantz – le numéro un de la liste Bleu-Blanc – à former une nouvelle coalition d’au moins 61 députés sur 120, le président de l’État, Reuven Rivlin, a confié à la Knesset (le Parlement) le soin de trouver un député capable de réussir une telle mission. Il a pour ce faire une vingtaine de jours. C’est donc le combat que va mener Benyamin Netanyahou. Empêcher qu’un autre que lui ne mette sur pied une telle coalition. Dans cette perspective, une interrogation : parviendra-t-il à maintenir la cohésion au sein du Likoud, son parti ? À conserver le soutien des formations nationalistes religieuses et ultraorthodoxes ?

Ses soutiens vont-ils le lâcher ?

Son combat a commencé. Première inquiétude : certes, l’ensemble des députés du Likoud a évité de réagir à son inculpation. Silence dans les rangs. Mais Guidon Saar, son principal rival, exige la tenue de primaires au sein du Likoud, avant d’éventuelles élections qui pourraient se dérouler en mars prochain, si, d’ici là, un gouvernement n’est pas formé. Netanyahou s’y oppose bec et ongles. Il sait que ses ennemis, discrets jusqu’à présent, pourraient en profiter pour le limoger de la présidence du Likoud. Dans ce cas, il serait simple député et aurait trente jours pour demander à la Knesset de maintenir son immunité parlementaire. Reste que, jusqu’à nouvel ordre, il est à la tête du gouvernement de transition, expédiant les affaires courantes.

 

Le point