Sionistan, le Rapport de Force Change: Pour Manouchehr Mottaki, chef des Gardiens iraniens de la révolution, « l’élimination de l’Entité Sioniste est “à portée de main” »

En octobre 2005, le président iranien, qui était alors Mahmoud Ahmadinejad, prononça un discours qui fit date. En effet, il fut accusé d’avoir appelé à « rayer Israël de la carte », à un moment où Téhéran venait d’annoncer la reprise de ses activités d’enrichissement de l’uranium.

Plus tard, son ministre des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, tenta vainement de corriger le tir lors d’une visite au Parlement européen. « Personne ne peut supprimer un pays d’une carte. Il y a un malentendu en Europe sur ce que notre président a annoncé. Il [le président Ahmadinejad] parle du régime, car nous ne reconnaissons pas légalement ce régime », expliqua-t-il.

Seulement, M. Ahmadinejad n’avait jamais lancé un tel appel. En effet, des spécialistes du Moyen-Orient ayant examiné le discours en question relevèrent une erreur de traduction entre le farsi et l’anglais… Ce que reconnut, en 2012, Dan Meridor, le ministre israélien du Renseignement et de l’Énergie atomique. Mais cela ne suscita pas de réactions internationales.

Il faut dire que M. Ahmadinejad ne chercha pas à démentir les propos qui lui avaient été prêtés. Et, plus tard, il donna dans le négationnisme en organisant, en décembre 2006, une conférence sur « la réalité de l’Holocauste ».

Quoi qu’il en soit, les dirigeants iraniens n’évoquent que très rarement leur souhait de voir Israël disparaître. Certes, le discours officiel parle la disparition de l’État hébreu, mais à cause de son « arrogance » et non à la suite d’une attaque iranienne.

Plus précisément, ils appellent surtout à lutter contre le « sionisme », comme l’a fait Hassan Rohani, le sucesseur de M. Ahmadinejad, en avril dernier. « Refoulons le sionisme qui est occupé à commettre des crimes dans la région depuis 70 ans et rendons à la nation de Palestine ses droits historiques en nous entraidant et en agissant dans la fraternité. La victoire finale sera sans aucun doute celle des vertueux », a-t-il en effet affirmé, à l’occasion de la Journée de l’armée.

Cela étant, les propos que vient de tenir le général Hossein Salami, le chef du Corps des gardiens de la révolution, ne souffrent d’aucune ambiguïté. D’autant plus qu’ils ont été repris par les agences de presse iraniennes, comme Irna, Tasnim, Fars ou encore MehrNews.

Dans la première phase de la Révolution islamique, « nous sommes parvenus à atteindre la capacité pour détruire le régime sioniste » et lors de la seconde [phase], « ce régime sinistre doit être éliminé de la carte. Et cela n’est plus un idéal ou un rêve mais un but à portée de main », a déclaré le général Salami.

À l’occasion du 40e anniversaire de la République islamique d’Iran, en février, le guide suprême iranien, l’ayatollah Khamenei avait expliqué que la révolution islamique était désormais entrée dans sa seconde phase, celle du « grand jihad destiné à bâtir un Iran islamique grandiose », selon al-Manar, la chaîne de télévision du Hezbollah libanais.

Reste que le général Salami est coutumier des déclarations de ce type. Avant d’être nommé à la tête des Gardiens de la révolution, il avait affirmé que si Israël entreprenait de « nous faire la guerre, cela débouchera sur son élimination et sur la libération des territoires occupés ». Et d’ajouter que la « la stratégie de l’Iran [était] de rayer de la carte politique le régime ‘sioniste’, et les Israéliens y contribuent par leurs menées criminelles. »

Plus tard, selon l’agence Tasnim, il avait continué dans la même veine en avertissant Israël « de ne pas jouer avec le feu » car « nous le détruirons avant que les États-Unis ne puissent les aider ».

 

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