Scénario Blanc, BlancRope: John Bercow, Président du Parlement Britannique, refuse un nouveau vote sur le Brexit(La Blancorpe est morte)

 

Le «speaker» de la Chambre des communes, John Bercow, a refusé de soumettre au vote des députés, ce lundi, l’accord de Brexit conclu entre Londres et l’Union européenne, expliquant que la motion avait déjà été examinée samedi.L’histoire se répète. Comme Theresa May avant lui, le premier ministre Boris Johnson a trouvé la semaine dernière un «deal» avec Bruxelles. Mais, lors d’une séance extraordinaire samedi 19 octobre, la Chambre des communes, où il a perdu sa majorité depuis septembre, ne l’a pas approuvé, décidant de le reporter. C’est une nouvelle illustration du bras de fer entre Downing Street et Westminster : pour forcer la main du gouvernement, l’opposition parlementaire a réussi à faire passer un amendement qui reporte l’approbation de l’accord de Brexit tant que ne sera pas adoptée toute la législation nécessaire à sa mise en oeuvre, longue et fastidieuse.

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Malgré cet amendement, le gouvernement britannique a demandé à ce que le texte du «deal» soit de nouveau examiné, ce lundi 21 octobre, par les «MP» (members of parliamant). Mais, en vertu d’un principe de 1604 qu’il avait lui-même exhumé sous Theresa May et selon lequel un même texte ne peut être débattu plusieurs fois lors d’une même session parlementaire, le «speaker» de la Chambre, John Bercow, qui décide de l’ordre du jour, s’y est opposé, rappelant que les députés se sont déjà prononcé sur le texte, il y a «moins de 49 heures». Ce serait «répétitif» et «désordonné», a jugé l’europhile John Bercow, qui a en revanche invité le gouvernement de Boris Johnson à soumettre les projets de loi d’application du Brexit à l’examen du Parlement dès ce lundi s’il le souhaite.

 

Ce travail législatif s’annonce délicat, alors même que l’heure tourne, la date-butoir étant toujours fixée au 31 octobre. Peut-on anticiper les prochaines péripéties ? L’Union européenne sera-t-elle contrainte d’accorder à Londres un nouveau délai ?

Une majorité pour Boris Johnson ?

 

Dans la foulée de la décision des députés, samedi, de repousser le vote sur l’accord de Brexit tant que toute la législation nécessaire à son application n’aura pas été votée, Boris Johnson a déclaré aux parlementaires que son gouvernement soumettrait cette semaine les actes législatifs nécessaires. On s’attend à ce que ce processus parlementaire débute ce mardi 22 octobre. Le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab, a estimé que le gouvernement pensait disposer du nombre de voix nécessaire pour faire passer ces législations. Les 21 conservateurs frondeurs, exclus le mois dernier pour s’être opposés à Boris Johsnon, pourraient cette fois-ci soutenir le gouvernement. «Il dispose d’une coalition fragile mais sincère», a résumé l’ancienne ministre Amber Rudd, démissionnaire il y a quelques semaines, mais qui devrait aussi s’associer au vote.

Reste que la situation est difficile pour Boris Johnson : vu les équilibres politiques mouvants au sein de la Chambre des communes, l’opposition travailliste pourrait profiter du vote de ces actes législatifs pour tenter de faire passer des amendements, visant, par exemple, à maintenir le Royaume-Uni au sein de l’union douanière européenne voire à introduire un référendum de confirmation de l’accord, ce qui ferait resurgir dans le débat outre-Manche l’hypothèse d’une annulation du Brexit. Autant de points de désaccord fondamentaux qui pourraient remettre en cause le «deal» obtenu par Johnson à Bruxelles. «Si nous ne partons pas (de l’UE), ce sera parce que le Parlement a empêché le gouvernement de faire ce à quoi il s’était engagé», a prévenu un ministre haut placé, cité par le quotidien The Times.

 

Nouveau délai ?