Scénario Blanc, Blancrope: Boris Johnson suspends le parlement jusqu’au 14 Octobre pour préparer le “No Deal”(La Blancrope est morte)

Le gouvernement britannique va suspendre le Parlement la deuxième semaine de septembre et jusqu’au 14 octobre, soit deux semaines avant la date prévue du Brexit, a annoncé, mercredi 28 août, le premier ministre Boris Johnson, rendant difficile pour les députés de s’opposer à une sortie sans accord de l’Union européenne (UE).

La livre sterling a chuté de – 0,6 % face à l’euro et au dollar à la suite de cette information, qui renforce l’hypothèse d’un Brexit dur. C’est un « scandale constitutionnel », a jugé le président de la chambre basse du Parlement, John Bercow, pour qui il est « absolument évident que l’objectif de la suspension est maintenant d’empêcher le Parlement de débattre du Brexit et de faire son devoir de définir une trajectoire pour le pays ».

La rentrée parlementaire, qui s’annonce houleuse, est prévue mardi. Le premier ministre a annoncé avoir écrit à la reine Elizabeth II pour lui demander de suspendre le Parlement la semaine suivante, après les débats du 9 septembre, et jusqu’au 14 octobre. La session parlementaire reprendrait alors avec le traditionnel discours de la reine, dans lequel elle expose le programme du gouvernement.

Jessica Elgot

@jessicaelgot

 

Boris Johnson’s letter to MPs conforming prorogation of Parliament

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« Je pense qu’il est essentiel que le Parlement siège avant le Conseil européen [prévu le 17 et 18 octobre prochain], et si, comme je l’espère, un accord avec l’UE est imminent, le Parlement aura la possibilité d’adopter la loi sur l’accord de retrait nécessaire pour la ratification avant le 31 octobre », a expliqué le chef du gouvernement dans un communiqué. « Les semaines précédant le Conseil européen sont vitales pour mes négociations avec l’UE », a-t-il souligné, ajoutant : « En montrant unité et détermination, nous avons une chance de décrocher un nouvel accord qui puisse être adopté par le Parlement. »

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Réactions outragées

Le précédent accord de sortie de l’UE conclu avec le gouvernement de Theresa May après plus de deux ans de négociations acharnées avait été rejeté à trois reprises par les députés. Ces derniers n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur la forme que doit prendre le Brexit, voté en juin 2016 par 52 % des Britanniques.

Si le Parlement britannique est traditionnellement suspendu plusieurs semaines en septembre en raison des conférences annuelles des partis politiques, l’extension de cette suspension jusqu’au 14 octobre – douze jours après la fin de la dernière conférence, celle du Parti conservateur –, a provoqué des réactions outragées de l’opposition, qui a dénoncé une manœuvre « antidémocratique ».

« C’est un scandale et une menace à notre démocratie », a réagi Jeremy Corbyn, le chef du Labour, le principal parti d’opposition. « A moins que les députés ne s’unissent pour l’en empêcher la semaine prochaine, aujourd’hui entrera dans l’histoire comme une sombre journée pour la démocratie britannique », a aussi réagi sur Twitter la première ministre écossaise et chef des indépendantistes écossais, Nicola Sturgeon.

Nicola Sturgeon

@NicolaSturgeon

 

So it seems that Boris Johnson may actually be about to shut down Parliament to force through a no deal Brexit. Unless MPs come together to stop him next week, today will go down in history as a dark one indeed for UK democracy. https://twitter.com/bbclaurak/status/1166623197032275968 

Laura Kuenssberg

@bbclaurak

En réponse à @bbclaurak

Parliament likely to meet therefore from next Monday until around the 11th of September – understand Downing St thinks they have some legal protection from court cases if they are suspending Parliament to come back with a Queen’s Speech – there is going to be HUGE row

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Cette annonce a été critiquée jusque dans les rangs conservateurs, l’ancien ministre des finances Philip Hammond, opposé au scénario d’une sortie sans accord de l’UE, dénonçant un « scandale constitutionnel ».

Le Royaume-Uni divisé

Boris Johnson a défendu sa décision en affirmant sur la chaîne de télévision Sky News que le calendrier fixé « laissera amplement le temps aux députés de débattre de l’UE et du Brexit ». Mais pour la chef du parti libéral démocrate, Jo Swinson, Boris Johnson a fait preuve de « lâcheté »« Il sait que les gens ne choisiraient pas le no deal et que les représentants élus ne le permettraient pas. Il tente d’étouffer leurs voix », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Mardi, les chefs de file des partis d’opposition s’étaient réunis pour convenir d’une stratégie commune afin d’éviter un no deal en votant une loi dans ce sens.

Boris Johnson veut à tout prix quitter l’UE, avec ou sans accord de divorce, une position qui divise profondément le Royaume-Uni, jusque dans son camp conservateur, dont une partie souhaite le maintien de liens étroits avec l’UE. Une césure brutale fait craindre des pénuries alimentaires, de carburant et de médicaments, ainsi que le rétablissement de droits de douane. Londres et l’UE s’opposent sur le sort de la future frontière irlandaise, qui séparera le Royaume-Uni du marché unique européen, tout en se disant prêts à en discuter.

Le Monde