Rugbysme: Pourquoi Nike quitte le monde du Rugby

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Le rugby français est malade. Le décès de trois jeunes joueurs depuis le début de la saison à la suite de plaquages dangereux, le faible niveau de l’équipe de France et le jeu sclérosé en championnat ont contribué à affaiblir l’ovalie dans l’Hexagone. Une nouvelle information, davantage symbolique mais chargée de sens vient encore un peu noircir le tableau : le désintérêt de plus en plus prononcé pour le rugby de Nike, un des plus grands équipementiers de la planète.

À l’issue de la prochaine Coupe du monde, qui se déroulera du 20 septembre au 2 novembre prochain au Japon, le géant américain prévoit en effet de mettre un terme à neuf contrats individuels conclus avec des joueurs. Gaël Fickou, Jonathan Danty, Jules Plisson (Stade français), Teddy Thomas, Brice Dulin, Maxime Machenaud (Racing 92), Maxime Médard, Yoann Huget (Stade toulousain) et Hugo Bonneval (Toulon) sont concernés.

Grâce à ces contrats, ils percevaient un montant fixe chaque année qui peut être revu à la hausse en fonction de leurs résultats en club et en sélection. D’après le journal L’Équipe, « les joueurs les mieux lotis touchaient jusqu’à 20 000 euros de fixe annuel et 7 000 euros de dotation ». Ce montant aurait déjà été divisé par deux depuis la fin du dernier Mondial, en 2015. À l’issue de l’édition 2019, si les joueurs ne signent pas avec un autre équipementier, seuls les crampons leur seront délivrés par Nike.

«  Le rugby manque cruellement de stars  »

Mais pourquoi diable la marque à la virgule, qui n’est plus équipementier des Bleus depuis 2012, prend-elle autant ses distances avec le monde français de l’ovalie ? Si les derniers événements tragiques ont marqué l’opinion et contribué à interroger sur les valeurs et les règles du rugby, cela ne peut constituer – et de loin – l’unique raison de cette mise en retrait. « Le rugby manque cruellement de stars qui soient identifiées au-delà des passionnés de la discipline, explique au Point Lionel Maltese, professeur de management du sport à l’université d’Aix-Marseille*. Tout le monde connaît Rafael Nadal, LeBron James ou Neymar au-delà de leurs sports respectifs. En revanche, le meilleur joueur de rugby l’an dernier, Jonathan Sexton, ne jouit pas de la même popularité à l’échelle mondiale. »

Le Point