Rugbysme, Apologie de la Violence: Un rugbyman mets un terme sa carrière professionnelle

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Le jeune ailier Nadir Megdoud a décidé de quitter le CA Brive car il ne se reconnaît pas dans le rugby pro.

La nouvelle, surprenante, est tombée lundi en fin d’après-midi. Le club de Brive, actuel cinquième de Pro D2, a annoncé «la décision de Nadir Megdoud de mettre un terme à sa carrière professionnelle dans le rugby pour raisons personnelles.» L’ailier international algérien, originaire de banlieue parisienne (Choisy-le-Roi dans le Val-de-Marne) et formé à Massy jusqu’en 2016, a choisi, de lui-même, de dire stop. Dans les colonnes de La Montagne, le joueur, qui avait disputé onze matches la saison dernière avec les «Coujous» (neuf comme titulaire), a expliqué les raisons de son choix, brutal et assez unique. «Le rugby professionnel ne m’intéresse plus trop. C’est un ensemble de choses. Si je dois continuer à jouer au rugby, ce sera plutôt en amateur, pour le plaisir. Mais en faire tout le temps, penser tout le temps au rugby, ce n’est pas pour moi», explique-t-il.

Et Nadir Megdoud, qui revenait d’une blessure au genou, de poursuivre : «C’est un arrêt pour raisons personnelles. J’ai démissionné du CAB. J’avais déjà demandé à arrêter il y a quatre ou cinq mois mais le club n’avait pas voulu. Ils se disaient peut-être que c’était par rapport à ma blessure et que je n’étais pas bien à ce moment-là, mais j’ai bien réfléchi». Le néo-retraité, à 21 ans, souhaite reprendre ses études. «Peut-être que je vais reprendre mon BTS, ou autre chose, je n’ai pas d’idée précise», indique-t-il dans le quotidien local. La saison dernière, ce dernier avait effectué des débuts remarqués en Top 14 en marquant notamment un doublé en trois minutes contre Montpellier, avant de se blesser gravement au genou.

 

«Je me suis amusé, j’ai kiffé. Le Top 14 c’était génial, mais sur le long terme, le rugby pro ce n’était pas pour moi»

Nadir Megdoud

Son départ, en plein milieu de saison, apparaît comme une première dans le rugby professionnel. Il arrive que des rugbymen stoppent leur carrière pour des raisons médicales (commotions, blessures à répétition), mais à un âge avancé, après la trentaine. Certains clubs (Montpellier, Stade Français) rompent désormais brutalement les contrats de certains de leurs joueurs. Un joueur (Johan Goosen) a même quitté son club (le Racing) pour aller vendre des selles de chevaux en Afrique du Sud… Avant de revenir à Montpellier. Là, Nadir Megdoud ne se reconnaît pas le rugby professionnel, de plus en plus dur et exigeant aussi bien physiquement que mentalement. «Il y avait aussi la vie à Brive qui n’est pas pareille», ajoute-t-il.

«Je me suis amusé, j’ai kiffé. Le Top 14 c’était génial, j’ai vécu des choses géniales, j’ai connu des déplacements avec une ambiance incroyable, mais sur le long terme, le rugby pro ce n’était pas pour moi», insiste pourtant l’ex-Briviste, qui n’a pas forcément tiré un trait sur sa carrière internationale avec l’Algérie. Reste qu’une forme de lassitude commence à percer chez certains joueurs professionnels. Récemment, dans L’Equipe, Julien Raynaud, ancien capitaine d’Albi formé au Stade Toulousain, expliquait pourquoi il arrêtait, lui-aussi, sa carrière à 29 ans : «Je me traîne une blessure à un genou qui m’empêchait de continuer et qui me gênera pour toujours dans ma vie d’homme. En plus de ça, je dois admettre que j’ai ressenti une forme de ras-le-bol. Je faisais ce métier pour ces moments autour des matches, le vestiaire, l’ambiance, les liens… Cette année, c’était humainement très difficile. Mais j’ai voulu être fidèle aux raisons pour lesquelles je faisais du rugby. Quand tu ne prends plus de plaisir, il faut arrêter.» Le monde pro ne vend pas que du rêve…

Le Figaro