Rugbysme, Apologie de la violence: Pat Lambie regrette d’avoir joué avec une commotin cérébrale

Le Sud-Africain, qui vient de mettre fin à sa carrière, souffre encore des suites de ses commotions à répétition. Dans une interview au Times, il regrette d’avoir disputé ses derniers matchs avec le club francilien après avoir reçu un violent choc à la tête.

Il y a quelques semaines, le 19 janvier, Pat Lambie annonçait qu’il arrêtait définitivement le rugby. A 28 ans. Trop de commotions et trop de symptômes pour continuer à prendre des risques. Le 5 mars, dans une interview accordée au Times, l’ex-demi d’ouverture du Racing et de l’Afrique du Sud (56 sélections) a fait d’autres révélations, dix mois après son dernier match avec le club francilien, la finale de Coupe d’Europe face au Leinster où il a dû quitter le terrain quelques secondes après le coup d’envoi, le genou hors service. Pat Lambie révèle, dans cet entretien parfois glaçant, avoir pris part à ce match alors qu’il se ressentait encore de la commotion, la dernière des cinq subies durant sa carrière, dont il avait été victime en demi-finale face au Munster.

Retour en arrière. 22 avril 2018 au stade Chaban-Delmas de Bordeaux. Le Racing écarte le Munster 27 à 22. Pat Lambie dispute l’intégralité de la rencontre malgré un «grand choc» à la tête. «Je suis resté au sol derrière le ruck. J’avais le vertige, tout tournait. J’ai essayé de me lever, j’ai un peu tremblé. J’ai reculé un peu pour m’éloigner du jeu, mis un peu de glace sur mon dos, me suis aspergé d’eau. J’ai secoué la tête, me suis dit que j’allais bien et j’ai continué le match…» Sans rien dire à personne. «Au fond de moi, je craignais que, si je levais la main pour dire ”j’ai besoin d’un test HIA” (pour évaluer l’impact du choc, ndlr), je ne serais pas autorisé à revenir sur le terrain et, pire encore, si nous nous qualifions pour la finale, pas autorisé à la jouer…»

Le Figaro