Rugbysme, Apologie de la Violence: Maxime Machenaud «Si j’ai peur de jouer au rugby, j’arrête de suite»

Le demi de mêlée international du Racing s’est confié avant le barrage contre La Rochelle. Sur son retour au meilleur niveau, sa fin de saison et la Coupe du monde au Japon qui arrive.

L’odeur des phases finales pointe le bout de son nez en Top 14. L’occasion de faire le point avec le vice-capitaine du Racing qui retrouve Colombes face à La Rochelle ce vendredi. A 30 ans, Maxime Machenaud est de retour aux affaires après une période délicate marquée par plusieurs longues blessures et le décès de son papa le jour de ses trente ans en fin d’année. Entretien avec un homme lucide et ambitieux.

Comment vous sentez-vous après une longue période délicate ?
Maxime Machenaud : Je suis enfin en pleine possession de mes moyens. Ce fut un passage douloureux sur et en dehors du terrain. Au niveau familial, ça a été très compliqué. Je me suis appuyé sur ma famille et mes proches pour surmonter cette épreuve. Quand ça tangue, tu te recentres sur ce que tu as de plus cher. Ma femme et mes enfants m’ont permis de penser à autre chose. Mes deux petits mecs m’ont fait voir, malgré tout ce que j’ai traversé, qu’il n’y a rien de plus beau que la vie et tout ce qu’elle peut nous offrir. Des fois, on a un peu tendance à l’oublier.

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En quoi l’épreuve fut dure à surmonter côté terrain ?
On parle beaucoup de la violence du rugby au niveau physique, mais l’aspect mental est tout aussi important selon moi. Il faut être costaud dans ta tête, sinon tu n’existes pas. Se sentir à l’écart du groupe, presque inutile, il faut savoir le surmonter psychologiquement. On a l’impression d’être en marge, seul. C’est là ou l’appui et le soutien de tes proches te fait un bien fou.

Relativisez-vous plus désormais ?
Oui forcément, ça ne reste que du sport. Mais j’ai encore beaucoup de mal à supporter la défaite. Vous pouvez demander à ma femme (Sourire). C’est là où les enfants te ramènent à une certaine réalité avec leur fraîcheur et insouciance. Eux, ils me voient à la télévision, mais c’est comme si je jouais dans la cour d’école. Ça te permet de relativiser aussi sur un match perdu, un geste raté ou mal senti. Après, les blessures font partie de notre quotidien de sportif de haut niveau, pas un joueur ne passe pas par-là dans sa carrière. Notre corps nous envoie des alertes et il faut l’écouter.

Le Figaro