Rugbysme apologie de la violence: Geoffrey Sella, sur les violences dans le rugby

Geoffrey Sella, le fils de Philippe qui jouait actuellement à Massy (Pro D2), a annoncé jeudi sur Twitter qu’il était obligé de stopper momentanément sa carrière de rugbyman professionnel en raison de chocs répétés à la tête.

Il a retrouvé son père, l’ancien international aux 111 sélections et directeur du rugby du SU Agen (Top 14), ce vendredi à Paris pour en parler. Père et fils ont accepté de faire le point auprès de La Dépêche du Midi sur le sujet délicat des commotions cérébrales depuis les Champs-Elysées.

Quand la santé d’un rugbyman nommé Sella est en jeu, forcément, l’émotion est au coin de la rue du côté d’Agen. Quand bien même s’il ne s’agit pas de Philippe, la légende du SUA qui a arrêté de pratiquer le rugby depuis quelques lunes déjà, mais de son fils, Geoffrey. Sur son compte Twitter, ce dernier, a averti qu’il était obligé de stopper momentanément sa carrière de rugbyman pro au sein du club de Massy (Pro D2),  provoquant l’émoi en Lot-et-Garonne. Il se trouvait ce midi sur les Champs-Elysées en compagnie de son père, lorsqu’il a accepté de répondre à nos questions. « C’est Jean-François Chermann, le neurologue qui suit le Racing et le Stade Français, qui m’a dit de m’arrêter temporairement en raison de chocs à la tête trop rapprochés », explique Geoffrey Sella. « Il avait quand même subi quatre commotions cette année, dont une très violente, sur une action contre Aurillac qui m’avait rendu furax. Il allait plaquer le réceptionneur de balle adverse sur le coup d’envoi quand il avait été percuté par un autre joueur en pleine course », poursuit Philippe Sella.

Geoffrey Sella : ” Je cachais un mal être…”

Déjà confronté à la problématique des commotions cérébrales en tant que directeur du rugby du SUA, voilà qu’il découvrait le problème en tant que père : « En réalité, l’approche est la même. Pour moi c’est le secteur médical qui a la primeur. S’il dit « stop » il faut l’écouter. S’il dit que Geoffrey peut reprendre, il prendra sa décision. » Le principal concerné avoue avoir vécu une période compliquée sur les terrains : « Sur les phases offensives, il n’y avait pas de problème. C’est surtout sur les phases défensives que j’étais mal. J’avais l’impression d’être au ralenti et je faisais des erreurs absurdes, surtout pour quelqu’un qui adore plaquer comme moi. Je croyais que j’étais en manque de confiance, en fait, pour le neurologue, cela cachait un mal-être. » Pour qui connaît Geoffrey Sella, c’était surprenant, puisque le fils de Philippe est plutôt d’une nature très enjouée.

 

 

Les idées des Sella pour éviter les chocs

L’un comme l’autre ont des idées pour réduire les risques liés aux chocs dans leur sport, deux idées qui pourraient être entendues par toutes les commissions, nationales ou internationales, qui réfléchissent au sujet. « Pour ma part, je crois qu’on pourrait étendre la notion de « passage en force » déjà appliquée chez les jeunes. On pourrait considérer qu’après une course longue, le joueur porteur de ballon n’aurait pas le droit de s’emplâtrer sur le défenseur », avance le père. « Pour moi, c’est surtout une question de fraîcheur mentale. Il faut laisser des temps de repos aux rugbymen professionnels, réfléchir aussi aux périodes des compétitions. Jouer au rugby au cœur de l’hiver est moins aisé que de le faire sur des saisons plus propices. Pour ce qui est du plaquage, je ne crois pas au plaquage en dessous des hanches comme solution. Au contraire, quand on plaque avec la tête dans les chaussettes, alors que l’attaquant peut changer de direction, le risque est encore plus grand », ajoute le fils. L’un comme l’autre vont désormais attendre les deux mois de repos nécessaires à Geoffrey Sella avant qu’il ne passe de nouveaux examens avec le Professeur Chermann. « Je vais me fier à sa décision », assure Geoffrey Sella, mais on sait déjà que s’il reçoit le feu vert médical on le retrouvera très vite sur un terrain de rugby.