Rugbysme, Apologie de la Violence: Des Voyous tentent d’assassiner un individu sur un terrain de Sport

Ce samedi 14 décembre, le derby francilien entre Suresnes (Hauts-de-Seine) et Drancy (Seine-Saint-Denis) a été le théâtre d’incidents dont le rugby amateur se serait bien passé. Des coups en douce et autres fourchettes ayant débouché sur deux bagarres générales, alors que le match aller s’était pourtant parfaitement déroulé. Six cartons dont quatre rouges, deux de chaque côté, ont été distribués par l’arbitre breton William Labarre.

Vidéos à l’appui, les deux camps seront très prochainement amenés à s’expliquer devant la Commission de discipline de la FFR. Ils risquent très gros financièrement, voire sportivement. Avant de connaître leurs sentences, les présidents des deux équipes ont accepté de livrer leurs versions des faits. 

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« Les Drancéens ne s’étaient pas déplacés pour jouer au rugby… »

Honneur d’abord aux locaux, par la voix du co-président du RC Suresnes, Olivier Pouligny : 

Les vidéos que nous avons visionnées après la rencontre démontrent parfaitement que les Drancéens ne s’étaient pas déplacés pour jouer au rugby. Dès le coup d’envoi, le match a été heurté par des mauvais gestes avec notamment des fourchettes à répétition. Peu avant la demi-heure de jeu, le troisième ligne visiteur (Darrigol, NDLR) assène plusieurs coups de poing à notre pilier mais n’écope que d’un simple carton jaune. Cela n’a été que le début des tensions…

Le pilier international namibien de Suresnes, Casper Viviers, aurait reçu plusieurs fourchettes lors de ce derby.
Le pilier international namibien de Suresnes, Casper Viviers, aurait reçu plusieurs fourchettes lors de ce derby qui auraient engendré des troubles de la vision. (©RC Suresnes)

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Deux bagarres générales ont éclaté par la suite. La première en toute fin de première mi-temps et la seconde à la 72e minute, juste avant l’arrêt définitif de la rencontre par l’homme au sifflet, qui n’avait d’autre choix que de prendre ses responsabilités pour enrayer ce déchaînement de violence.

« Un geste prémédité sur notre ailier… »

« La seconde bagarre générale, à la 72e minute, est parti d’un pétage de plomb du deuxième ligne de Drancy (Sacko, NDLR), poursuit le dirigeant suresnois. Avant d’enchaîner :

Sur la vidéo du match, on le voit très distinctement longer le bord de la touche et marcher tranquillement vers la ligne médiane puis se précipiter tout d’un coup vers notre petit ailier qui fait 1m50 (Brutus-Hourie, NDLR) pour lui mettre un violent coup de poing. C’est un fait de jeu très grave car il est prémédité. Après cela, le match était devenu intenable donc l’arbitre a pris la sage décision de stopper la partie à huit minutes du terme, considérant que le score était acquis (39-3, NDLR). Maintenant dites-moi, quel était l’intérêt pour notre équipe de déclencher de tels incidents alors que nous dominions la rencontre et que nous sommes en position favorable pour se qualifier alors que Drancy, lanterne rouge, a quasiment terminé sa saison ? Les vidéos fournies aux arbitres et à la commission de discipline prouveront que nous n’y sommes pour rien.

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« L’arbitre n’a tout simplement pas été à la hauteur de ce derby »

Côté drancéen, le président Benjamin Périé explique que cette partie a dégénéré à cause du manque d’équité de l’arbitre de la rencontre qui aurait généré de la colère dans la camp visiteur et aurait envenimé ce derby francilien : 

L’arbitre n’a tout simplement pas été à la hauteur de ce derby, tout au long de la rencontre. Il a tout le temps pris des décisions dans le même sens, que ce soit dans le jeu ou en mêlée fermée. Forcément que nos joueurs se sont sentis frustrés par ces accumulations d’erreurs arbitrales et ont évacué leur frustration par des mauvais gestes, qui ne sont toutefois pas excusables. Je le répète, tout cela est la faute de l’arbitre. Je lui en veux car cette rencontre n’aurait jamais dû se terminer ainsi. Ce n’est pas anodin si elle a dégénéré…

Le dirigeant du RC Drancy souligne également « des faits d’envahissement des remplaçants surersnois, ainsi que des spectateurs locaux, et leur participation aux deux bagarres générales. »

Avant de poursuivre en apaisant quelque peu les tensions : « Les deux équipes s’étaient déjà affrontées, il y a deux saisons, en Fédérale 2 et tout s’était parfaitement déroulé, même s’il y a toujours eu un petit parfum de rivalité lors de cette affiche car tous les joueurs se connaissent. La plupart ont l’habitude de s’affronter depuis les catégories de jeunes et certains ont même porté les couleurs des deux formations. Nous respectons l’équipe de Suresnes dont la supériorité sportive est indéniable, par rapport à notre club. »

On retiendra que la rencontre a été entérinée sur le score sans appel de 39-3 pour le RC Suresnes, bonus offensif en prime, mais surtout que les deux rivaux franciliens se sont réconciliés lors d’une troisième mi-temps dansante organisée par les locaux. C’est aussi cela les valeurs du rugby…

 

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