Rugbysme, Apologie de la Violence: Camille Lopez refuse de participer au tour d’honneur pour rentré dans les vestiaires(Pour Aurélien Rougerie, “c’est normal que ça le fass chier”)

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Rome encore une fois fatal pour Camille Lopez ? La réponse tombera le 18 juin mais on peut le craindre. En 2015, l’ouvreur de Clermont avait raté la Coupe du monde à cause, déjà, d’un Italie-France. Titulaire en novembre 2014 puis lors des quatre premiers matches du Tournoi, il avait été déclaré blessé par son club pour le dernier match, alors que l’encadrement des Bleus l’estimait apte. PSA ne le rappellera plus. « Celle-là est dure. Je suis le titulaire depuis des mois, je rate le dernier match contre l’Italie et je me retrouve au milieu d’une dispute de gamins entre deux staffs… Forcément, je l’ai en travers de la gorge. Ça restera une frustration toute ma carrière et toute ma vie», avait confié au Figaro le joueur en novembre dernier.

Une frustration qui devait s’effacer avec ce Mondial 2019. Et un statut de titulaire se profilant de plus en plus nettement. Avant la tournée de novembre, Jacques Brunel avait été clair. «Pour moi, Camille Lopez est le meilleur ouvreur français.» Après deux prestations convaincantes contre l’Afrique du Sud et l’Argentine, Camille Lopez avait alors enchaîné contre les Fidji. Pour une défaite honteuse.

Mais, début février, à l’orée du Tournoi des six nations, il était toujours le choix n°1. Bénéficiant d’un nouvel atout : le retour en bleu de Morgan Parra pour une charnière 100% Clermont qui avait les faveurs du staff tricolore. Las ! Les deux hommes se sont autodétruits lors de la débâcle à Twickenham. Prestations ratées et discours critiques, Lopez et Parra mettant en cause l’encadrement et le contenu des entraînements. Pour aussitôt disparaître des feuilles de match suivantes.

Mécontent d’être entré en jeu pour 4 secondes, il refuse de participer au tour d’honneur

Jusqu’à cet Italie-France donc, où Camille Lopez a fait sa réapparition sur le banc. Un commencement de retour en grâce ? Pas certain. De toute façon, le chouchou de Mauléon s’est carbonisé à Rome. Il avait pourtant supplié Jean-Baptiste Elissalde de ne pas le faire entrer en jeu pour les dernières secondes du match. Peine perdue. Il remplace Romain Ntamack… quatre petites secondes avant le coup de sifflet final. Un timing ressenti comme une humiliation par le joueur. Qui, malgré les appels au calme de son capitaine, Guilhem Guirado, manifeste publiquement son mécontentement en refusant de participer au tour d’honneur pour sprinter vers les vestiaires. Vexé.

Un comportement qui pourrait lui coûter sa place pour le long voyage au Japon. Morgan Parra, en arguant d’une blessure très opportune pour ne pas être relégué en tribunes, a sans doute déjà scellé son sort. Son geste d’humeur pourrait valoir la même conséquence à Camille Lopez. D’autant plus que la vérité de février n’est plus celle de mars. Romain Ntamack a réussi des débuts plus que prometteurs à l’ouverture, Anthony Belleau incarne la doublure idéale, et la jeune garde (le Toulonnais Louis Carbonel, le Bordelais Mathieu Jalibert) est à l’affut. Du coup, le Clermontois n’apparaît plus du tout incontournable. Et de se souvenir de ses mots en novembre dernier, avant France-Fidji : «Le staff cherche de la continuité. Forcément, c’est une marque de confiance mais cela ne nous assure en rien d’être au Tournoi ou à la Coupe du monde dans quelques mois.» Prémonitoire ? 

«Ça ne rime à rien. Je comprends qu’il ne soit pas content»

Aurélien Rougerie

Le demi d’ouverture de l’ASM a, depuis, reçu le soutien d’un ex-coéquipier, d’une légende du rugby français, Aurélien Rougerie. Invité des Décodeurs, lundi soir sur France Bleu Pays d’Auvergne, l’ancien Bleu (76 sélections, finaliste de la Coupe du monde 2011) a déclaré comprendre la réaction de Lopez à Rome. «Quand tu joues 4 secondes, comment ne pas te sentir mal, souligne Rougerie. Ça ne rime à rien. Je comprends qu’il ne soit pas content. Ce n’est pas sympa. Cinq minutes d’accord mais quatre secondes, passez-moi l’expression, ça fait chier.» Quatre petites secondes qui pourraient pourtant se révéler décisives pour son avenir en bleu.

Le Figaro

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