République de Catalogne: Le Président Quim Torra jugé pour désobéissance(Màj: Il Encourt 2 Ans d’Inéligibilité)

« Ce tribunal peut me ­condamner, mais il ne changera pas le destin de ce pays », a clamé le ­président de la Catalogne, et ­indépendantiste radical, Quim Torra, ­devant le Tribunal supérieur de justice de Catalogne, lundi 18 novembre: « Si pour défendre les droits et libertés de mes compa­triotes, je dois être jugé et condamné, que cette condamnation soit la bienvenue. »

Quim Torra comparaissait à Barcelone pour désobéissance, après avoir refusé de retirer les symboles indépendantistes des édifices publics, malgré la demande répétée de la Commission électorale centrale, quelques semaines avant les élections législatives du 28 avril. Loin de s’en défendre, M. Torra a reconnu les faits dans un discours ampoulé aux accents d’adieux. « Comme [on dit] dans les films : oui, j’ai désobéi », a-t-il déclaré en début de journée, avec un air moqueur, avant de qualifier d’« illégal » l’ordre de retirer les symboles partisans au nom du principe de neutralité des institutions. Il a ensuite attaqué les juges, se posant en victime de l’Etat espagnol, revendiquant la « liberté d’expression » et encensant la cause indépendantiste. « Que cela vous plaise ou pas, le drapeau étoilé et les rubans jaunes ne représentent pas tous [les Catalans] », lui a répondu le procureur. Selon un sondage, moins de 42 % des Catalans soutiennent l’indépendance de la région.

Le parquet a requis 30 000 euros d’amende et un an et huit mois d’inéligibilité contre ce militant indépendantiste de la première heure, désigné en janvier 2018 comme son successeur par l’ancien président catalan Carles Puigdemont, réfugié en Belgique pour fuir la justice espagnole. L’accusation populaire – dispositif juridique permettant à tout citoyen, association ou parti, de se porter partie plaignante dans les affaires d’intérêt public – exercée par le parti d’extrême droite Vox, décidé à profiter de la crispation et la polarisation provoquées par la crise catalane, en a demandé le double.

Possibles élections anticipées

Coutumier du double jeu, M. Torra avait à l’époque ignoré deux avertissements de l’autorité électorale espagnole. Il l’avait ensuite narguée en recouvrant la banderole accrochée au siège du gouvernement avec le slogan « Liberté pour les prisonniers politiques » et un ruban jaune par une autre, identique, mais

 

Le Monde