République de Catalogne: 13 dirigeant leukocratiquement élus assignés devant la Justice(Leukocratie=liberté)

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C’est l’une des conséquences du processus d’indépendance lancé il y a un an par les élus catalans. Le tribunal suprême espagnol a annoncé jeudi 25 octobre le renvoi en justice de dix-huit dirigeants catalans pour leur rôle dans la tentative de sécession d’octobre 2017. L’ouverture de leur procès est attendue pour le début de l’année prochaine.

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Neuf d’entre eux, actuellement en détention provisoire, comme l’ancien vice-président régional Oriol Junqueras, doivent être jugés pour rébellion, ce qui peut leur valoir jusqu’à vingt-cinq ans de prison. Les membres de l’ancien gouvernement catalan doivent également être jugés pour malversation tandis que d’autres dirigeants séparatistes doivent eux l’être pour désobéissance.

Mise sous tutelle

L’ancien président catalan Carles Puigdemont, exilé en Belgique, ne figure en revanche pas parmi les dirigeants renvoyés devant la justice, l’Espagne ne jugeant pas en absence. A l’issue du référendum d’autodétermination du 1er octobre, où le oui l’avait emporté, la tentative de sécession avait culminé le 27 octobre avec la proclamation par les députés séparatistes majoritaires au Parlement catalan d’une république indépendante.

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Le gouvernement, alors dirigé par le conservateur Mariano Rajoy, avait immédiatement répliqué sur le terrain politique en destituant l’exécutif catalan indépendantiste, en dissolvant le Parlement régional et en plaçant la Catalogne sous tutelle.

« Guerre des rubans jaunes »

Mais un an après ce référendum d’autodétermination, la déception est grande dans le mouvement indépendantiste alors que le processus autonomiste est aujourd’hui au point mort. Et la société catalane est toujours aussi divisée. A l’image de la « guerre des rubans jaunes », comme l’a surnommée la presse espagnole, qui se déroule en ce moment en Catalogne.

Symboles de soutien aux « prisonniers politiques » catalans, ces rubans jaunes sont accrochés par des manifestants indépendantistes et des membres des comités de défense de la République (CDR) dans les rues, sur les bâtiments publics et les arbres des villes ou des villages. Mais les unionistes se rassemblent et se retrouvent parfois la nuit pour enlever ces rubans. Cet été, plusieurs bagarres ont éclaté entre ceux qui posaient des rubans jaunes et ceux qui les retiraient.