République Catalogne: La Justice ordonne la libération des prisonniers politiques

C’est un gros revers pour la justice espagnole. La Cour européenne de justice de l’Union européenne (CJUE) a confirmé, jeudi 19 décembre, l’immunité du président du parti de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), l’indépendantiste Oriol Junqueras, élu au Parlement européen en mai, avant d’être condamné en octobre pour « sédition » à treize ans de prison et d’inéligibilité.

« Une personne qui est élue au Parlement européen acquiert la qualité de membre du Parlement du fait et au moment de la proclamation des résultats électoraux, de sorte qu’elle bénéficie des immunités garanties », aux eurodéputés, a expliqué la Cour dans un communiqué jeudi matin.

« La justice est venue d’Europe. Nos droits et ceux des deux millions de citoyens qui nous ont votés ont été violés. Nullité de la sentence et liberté pour tous ! Persistez comme nous le faisons ! », a immédiatement réagi depuis la prison M. Junqueras sur Twitter.

Lire aussi  En Espagne, neuf dirigeants catalans sont condamnés à des peines de prison

Elu au Parlement européen lors des élections du 26 mai, M. Junqueras avait été empêché de siéger à Strasbourg par la justice espagnole, celle-ci lui ayant refusé de sortir de prison, où il se trouvait alors en détention provisoire. Alléguant qu’il n’avait pas rempli les formalités requises pour entrer en fonction, le Comité électoral espagnol ne l’avait pas inclus dans la liste des eurodéputés espagnols remise au Parlement européen.

Cette entrave au mandat acquis dans les urnes a provoqué un débat en Espagne et, afin de répondre à un recours présenté par les avocats de M. Junqueras, la Cour suprême espagnole a posé en juillet une question préjudicielle à la CJUE afin de savoir si M. Junqueras jouissait de l’immunité reconnue aux eurodéputés.

Le Monde