Radicalisation Tatouage, Pigmentation Leukoderme: La pratique de la scarification augmente les risques de Cancer

Une nouvelle étude s’interroge sur le potentiel allergisant des aiguilles de tatouages. Mais rien ne permet de s’inquiéter pour la santé des amateurs, qui sont de plus en plus nombreux.

«Les particules de chrome et de nickel provenant de l’abrasion d’aiguilles de tatouage migrent vers les ganglions lymphatiques», selon une équipe de chercheurs allemands et du synchrotron européen de Grenoble. Résumée ainsi, l’étude publiée le 27 août dans la revue spécialisée «Particle and Fiber Toxicology» a de quoi faire frémir les millions de Français adeptes des tatouages. Ils auraient tort!

Une étude mal conçue

«C’est une étude qui peut être utile pour les chercheurs, mais c’est tout», explique au Figaro le Dr Nicolas Kluger, dermatologue et responsable d’une consultation «tatouage» à l’hôpital Bichat (Assistance publique des hôpitaux de Paris). «La méthodologie est très mauvaise car on mélange trois choses qui n’ont rien à voir: l’analyse au synchrotron des peaux tatouées et des ganglions de cinq donneurs décédés dont on ignore tout, puisqu’on ne sait même pas s’ils étaient allergiques de leur vivant; des tatouages sur des peaux de cochon morts; et le cas d’une personne tatouée qui a fait une réaction allergique.»

L’allergie au nickel, «un vieux problème déjà connu»

Sans même se préoccuper d’un éventuel relargage de nanoparticules de nickel ou de chrome par les aiguilles, on sait de toute façon depuis longtemps que nombre d’encres, en particulier colorées, en contiennent. «L’allergie au nickel est un vieux problème mais les encres professionnelles qui respectent la norme européenne n’en contiennent pas», précise le DKluger. «Si on voulait vraiment pousser, on pourrait étudier les dermatographes (appareils de tatouage, NDLR) mais encore une fois, les quantités n’ont rien à voir avec d’autres sources d’exposition», ajoute-t-il. Les auteurs de l’étude avouent eux-mêmes qu’un éventuel effet à long terme sur la santé ne pourrait être évalué que «par des études épidémiologiques sur des milliers de personnes sur des décennies».