Radicalisation Tatouage, Leukoderme, Racaille Bretonne: Charlène Henry« Faire de mon corps une oeuvre d’art »(sic)

« Faire de mon corps une oeuvre d’art » : c’est l’objectif ambitieux qu’affiche Charlène Henry. Pour y parvenir, elle le recouvre petit à petit de dizaines de tatouages, depuis ses 18 ans : « J’ai arrêté de compter à partir de 50… ». Une passion pour laquelle elle a été élue « Ink girl Bretagne », en octobre. Face à quinze autres candidates, elle espère, en avril prochain, être sacrée « Ink girl France ».

Marilyn et Pikachu

Un concours destiné à élire la plus belle femme tatouée de France qui, déjà, fait sa « fierté » : « Lorsque j’ai appris que j’avais été élue, parmi quatre concurrentes, j’étais euphorique, aux anges ». Un accomplissement pour la Merzerienne de 25 ans (née à Guingamp), habituée au quotidien à être scrutée de la tête aux pieds. Forcément, lorsque l’on arbore des cheveux roses, un Pikachu sur un bras, un panda coloré sur l’autre et un portrait de Marilyn Monroe sur la jambe, ça attire l’œil…

Sur son bras droit, un « pickachu », très populaire dans la culture vidéoludique. | OUEST-FRANCE

« J’ai appris à faire avec, glisse la jeune femme, et cela me permet de montrer, avec mon sourire, que nous, les tatoués, on n’est pas des voyous. » De toute façon, c’est aussi, forcément, fait pour être regardée.

Les initiales de ses frères

« Oui, c’est vrai », concède la jeune femme. Mais recouvrir sa peau de tatouages va au-delà de l’esthétique pour Charlène. Après une enfance difficile, élevée par ses grands-parents, elle a vécu son premier tatouage, à 18 ans, comme le début d’une nouvelle vie : « Sur le poignet, les initiales de mes trois petits frères, dont j’ai été séparée. Puis, dans le cou, le nom de mon chien, qui m’a sortie d’une dépression. Et, dans le dos, des papillons qui s’envolent. Je me suis sentie mieux dans ma peau, comme si ces tatouages m’avaient délivrée des souffrances de mon enfance ».

Le bras gauche de Charlène Henry mélange les styles : fleurs, tigre, panda… | OUEST-FRANCE

« C’est devenu une addiction »

L’ado angoissée, renfermée, laisse place à la femme, qui commence à aimer son corps, et en façonne l’image. Sur sa cuisse gauche, le médiatique criminel Jacques Mesrine côtoie l’icône Marylin Monroe. S’y ajoutent des mots, un éléphant, des fleurs… « Ça s’est enchaîné, c’est devenu une addiction. J’aime tous les styles et aller voir plein de tatoueurs différents. »

À gauche, le criminel Jacques Mesrine. À droite, l’icône Marilyn Monroe. | OUEST-FRANCE

Une drogue. Sa façon à elle de se cacher derrière des images. Une carapace d’encre colorée destinée à « masquer celle que j’étais avant, comme si j’étais dans ma bulle, que j’avais une armure. Mon but : être tatouée sur tout le corps, pour me sentir plus belle. Les tatoueurs sont des artistes. La peau nue, je la trouve vide, ennuyeuse, comme si j’étais une toile qui restait à peindre. »

Sur son cou, une pivoine. | OUEST-FRANCE

Charlène est fière de son corps, s’affiche sur les réseaux sociaux, et est repérée par le « casteur » d’une émission de télé : Tattoo Cover , où des tatoueurs de renom recouvrent les tatouages ratés d’anonymes. « Lors d’une soirée, ivre, j’avais dit à un ami qui voulait devenir tatoueur, ivre aussi : tu me tatoues ce que tu veux, où tu veux… Il m’a tatoué son prénom sur la fesse. Une connerie. » Un tatouage malheureux, recouvert par un tigre lors de l’émission, diffusée en mai dernier.

Le Telegramme