Radicalisation Tatouage: “J’ai préféré recouvrir mon tatouage plutôt que l’effacer”

Un tatouage peut ne plus correspondre à la personne ou rappeler un mauvais souvenir. Anaïs et François ont choisi.
À première vue, on distingue seulement une forme sur le haut du genou de François, comme un dessin réalisé par un enfant. “On m’a déjà demandé si c’était mon neveu de quatre ans qui avait réalisé le motif, témoigne le jeune homme de 31 ans. J’aurais préféré, l’histoire de mon tatouage aurait alors une signification, symbole d’un lien fort.” François doit presque systématiquement expliquer qu’il s’agit en fait d’une pieuvre. “Généralement personne n’arrive à distinguer l’animal marin. J’avoue qu’il ressemble davantage à un fantôme.”  
Réalisé lors d’une soirée alcoolisée par un ami désireux de se lancer dans l’univers du tatouage, le motif n’a même pas été dessiné au préalable. “Il s’est lancé comme ça, sans modèle. J’ai d’abord beaucoup rigolé, je trouvais très drôle d’avoir le tout premier jet de mon pote sur la jambe. L’euphorie passée, j’ai des regrets même si je suis attaché à ma pieuvre. J’ai envie de la recouvrir par un nouveau tatouage mais pas de l’effacer, car ce motif fait partie de mon histoire. Je visualise ça un peu comme une vieille maison dont on accumulerait les couches de tapisserie.”  

 

L’Express