Radicalisation, Braconnisme: Martine Lavy crie sa colère contre ceux qui ont abattu son mari.

Trois ans après la mort de son mari, ses plaies ne sont toujours pas refermées. Et le décès d’un cycliste, tué lors d’une battue au gros gibier samedi 13 octobre, ne fait que raviver sa colère.

Mélanie Lavy, une femme originaire de Haute-Savoie, a publié un émouvant message sur Facebook à l’attention d’Emmanuel Macron et exige davantage de mesures sécuritaires encadrant la pratique de la chasse

Elle rappelle que son mari, papa de deux petites filles, est mort d’une balle en pleine tête, alors qu’ils courraient tous les deux « sur des sentiers balisés ». Elle poursuit :  

Nous aimions la nature, nous aimions le sport, nous aimions notre liberté. Ce jour-là un jeune chasseur, aveuglé par sa passion de la chasse, a tiré sans prendre le temps d’identifier sa cible (mon mari mesurait 1,83 m et nous étions à 30 cm l’un de l’autre), a enfreint toutes les règles de sécurité et a tué mon mari.

 

Fin septembre 2018, l’auteur du tir a été condamné à trois ans de prison, dont un an ferme.

Des mesures de sécurité « loin d’être suffisantes »

La femme de la victime souligne que certaines mesures de sécurité complémentaires ont été prises. Mais « elles sont loin d’être suffisantes ». Le décès du jeune homme de 34 ans survenu ce week-end à Montriond, près de Morzine, également en Haute-Savoie, le confirme.

D’après la justice, la « visibilité était parfaite » et la victime « portait des couleurs vives ». L’Office national de la chasse et de la faune sauvage doit d’ailleurs remettre un rapport établissant les manquements à la réglementation lors de cette action de chasse.

Cadeaux d’Emmanuel Macron aux chasseurs

« Lui aussi aimait la nature, lui aussi était heureux certainement ce jour-là de pratiquer son sport, mais il est mort tué par un chasseur qui pratiquait lui aussi son loisir », ajoute la veuve. Cette dernière précise que la pratique « des sports outdoor, des activités en plein air, a évolué ».

N’est-il alors pas nécessaire de faire évoluer également la chasse, qui aujourd’hui tue entre 20 et 30 personnes par an ? 

Son message est d’autant plus d’actualité qu’il intervient plusieurs semaines après les « cadeaux » d’Emmanuel Macron aux chasseurs : baisse du prix du permis national, gestion adaptative des espèces… 

La femme conclut, à destination du président de la République : « Combien de morts faudra-t-il pour que vous décidiez de mettre des vraies mesures en place ? » 

En parallèle, une pétition exigeant la fin de la chasse le week-end a été publiée sur change.org. Au 16 octobre, elle a recueilli près de 85 000 signatures.