Racisme intra-blanc, blanc-rope: Angelo Ciocca écrase les notes de Pierre Moscovici

Featured Video Play Icon

Pour Pierre Moscovici, c’est une attaque contre la démocratie. Interrogé ce mercredi martin au micro d’Europe 1, le commissaire européen aux affaires économiques s’est exprimé sur l’incident qui s’est déroulé mardi avec Angelo Ciocca, eurodéputé italien de la Ligue du Nord, après sa conférence de presse.

Alors que Pierre Moscovici venait de terminer son discours, qui détaillait les raisons du rejet du budget italien par la Commission européenne, Angelo Ciocca s’est en effet précipité sur ses papiers pour les écraser avec sa chaussure. Selon un témoin, il aurait clamé “c’est de la merde”. Dans un tweet, l’eurodéputé italien s’est ensuite vanté d’avoir écrasé avec une chaussure “Made In Italy” la “montage de mensonges que Moscovici a écrit contre [son] pays”.  Conférence de presse de Pierre Moscovici le 20 juin 2018 à Bruxelles© afp.com/JOHN THYS Conférence de presse de Pierre Moscovici le 20 juin 2018 à Bruxelles

“Le germe d’une violence symbolique”

“Je croyais qu’il s’agissait d’un agent du Parlement, qui récupérait mes notes. Non, c’était un député ! Ceux qui écrasent des textes et des décisions à coup de chaussure ne respectent ni les règles, ni les institutions, ni la démocratie. Ils ne respectent même pas leur fonction “, a réagi le commissaire européen aux affaires économiques sur Twitter. Sur Europe 1, il renchérit : “C’est un provocateur, c’est un fasciste pour dire les choses de manière assez claire. On voit là le germe d’une violence symbolique, inadmissible.” “Ce sont des gens qui attaquent, à travers une institution de commission, une forme de démocratie basée sur des règles, le respect des institutions et des libertés”, poursuit-il.

La décision de la Commission européenne s’inscrivait en effet dans son rôle de “gardienne de traités européens”. Elle a considéré, pour la première fois de son histoire, que le projet de budget italien, qui prévoit un déficit de 2,4% du PIB, n’était pas conforme au Pacte européen de stabilité et de croissance. La semaine dernière, elle avait déjà pointé du doigt le dérapage budgétaire “sans précédent” de l’Italie depuis les nouvelles règles mises en place en 2013. 

La Commission a ainsi donné trois semaines à l’Italie pour revoir sa copie, qui, si elle ne s’exécute pas, s’expose à des sanctions financières. Quant à l’élu italien qui a écrasé les notes du commissaire français, le Parlement européen hésite encore selon Europe 1 sur les suites à donner à son comportement.