Racisme Anti-Blanc.he: Une Femme Blanche grièvement blessée par un tir de LBD

Un cri déchire la nuit. Un cri de femme. Il retentit deux fois. Il est 23h15, ce 13 juillet, autour du gymnase des Pyrénées dans le XXearrondissement de Paris et une femme de 31 ans vient de recevoir un tir de lanceur de balles de défense (LBD) dans le dos à courte distance.

«J’ai cru qu’on assassinait quelqu’un», témoigne une voisine. Depuis sa fenêtre, elle voit au moins six voitures de police, des personnes allongées au sol, et des policiers qui invectivent les passants.

«Je ne pensais pas pouvoir crier comme ça»

Un peu plus tôt, Jeanne (1), son frère et cinq amis se dirigent vers un bal organisé dans le quartier en descendant la rue des Pyrénées. Le groupe aperçoit des voitures de police dans la rue de l’Ermitage et décide de prendre la rue suivante, la rue Emmery. La préfecture de police n’a pas répondu à nos questions sur le motif de cette intervention.

Rue Emmery, sur le trottoir d’en face, les sept amis voient une femme au sol et entourée de trois ou quatre policiers. Jeanne et deux amies s’avancent «pour savoir si elle allait bien». Un agent s’interpose et leur dit de circuler. L’échange tourne court et la jeune femme se retrouve nez à nez avec une bombe lacrymogène. Le gaz la fait reculer, accompagnée de Laurence «qui n’y voit plus rien pendant dix minutes».

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Un autre agent, tête nue, lanceur de balle de défense à la main, les suit à un mètre. Echange de mots. Jeanne jette une partie du contenu de sa canette de bière dans sa direction et se retourne pour s’en aller. «Là, j’ai entendu un “poc” et j’ai ressenti une douleur très forte dans le dos. Je ne pensais pas pouvoir crier comme ça.»

Derrière elle, au milieu de la rue, presque nonchalamment, l’agent a levé son LBD et tiré sur la jeune femme, pourtant à moins de trois mètres de lui. L’ensemble de la scène est vu par les amies de Jeanne, deux riverains et un journaliste de Libération. Une vidéo de mauvaise qualité, que Libération s’est procurée, montre le tir. «Choquant» et «disproportionné» sont les deux qualificatifs qui reviennent le plus dans la bouche des témoins. La préfecture de police refuse de commenter ce tir.

Liberation