Racisme anti-blanc.he: John Lennon tabassait ses compagnes

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Longtemps, John Lennon a frappé les femmes. Il l’a raconté sans ambiguïté dans une interview en 1980, l’année de sa mort. “Avant, j’étais cruel avec ma femme et physiquement avec toutes les femmes. J’étais un cogneur. Je ne savais pas comment m’exprimer et je cognais. Je battais les hommes et les femmes.

 

C’est pourquoi je parle sans cesse de paix. Ce sont les personnes les plus violentes qui parlent sans cesse d’amour et de paix… Il faudra qu’il coule beaucoup d’eau sous les ponts avant que je puisse assumer en public la façon dont je traitais les femmes dans ma jeunesse.”C’est un fait. Longtemps, John Lennon a frappé les femmes. Sa première épouse, Cynthia (Powell) Lennon, l’a confirmé. Un jour, Lennon le “Jealous Guy” la voit danser avec son ami, le beau Stuart Sutcliffe, premier bassiste des Beatles :

“Le lendemain, à la fac, il m’a suivie dans les toilettes des filles au sous-sol. Quand je suis sortie, il m’attendait avec un air sombre. Avant que je puisse parler, il a levé le bras et m’a frappée au visage, envoyant ma tête cogner contre les canalisations qui couraient le long du mur.”

Le Beatles a confessé sa brutalité dans la chanson “Getting Better”,  à moitié caché derrière la voix de Paul McCartney  :

“I used to be cruel to my woman
I beat her and kept her apart from the things that she loved
Man, I was mean…”

Peut-on être féministe et aimer “Imagine” ?

La violence faite aux femmes est intolérable. Alors, quel sort réserver au disque “Imagine”, que l’on réédite aujourd’hui ? A-t-on le droit d’écouter John Lennon ? Ou ce disque, par les agissements de son auteur, participe-t-il de cette violence et de cette abjection ? Et si la violence de l’homme entache l’excellence de l’artiste, cette tache, peut-on l’effacer sans autre forme de procès ou sans trahir les principes les plus élémentaires du combat féministe ? On est en droit de se poser la question.

Quitte à succomber à ce que certains appellent la dictature de l’émotion, soyons émotifs. “Imagine” est un chef-d’œuvre. C’est une ode candide à la fraternité et à la sororité. Personne ne songe à la brûler. D’un point de vue esthétique, il n’est pas besoin de préciser combien cet autodafé serait une aberration. Mais acheter, écouter, streamer ou télécharger “Imagine”, ne serait-ce pas faire preuve d’une complaisance coupable envers cette cruauté anti-femmes qui habitait Lennon et que nos démocraties combattent ? N’est-ce pas nous rendre complice des coups et des hématomes que son noir désir leur a infligées ? Pire. N’est-ce pas lui donner notre absolution, presque notre bénédiction ?

Alors que faire ? Publier “Imagine” avec un bandeau “Attention, ce chanteur cognait les femmes” et une longue préface pédagogique de Jacqueline Sauvage ?

Posons la question autrement. Les féministes de tout sexe et de tout genre doivent-ils faire une croix sur Lennon ? Peut-on être féministe et aimer “Imagine”, l’album d’un “cogneur” de femmes, qui, n’ayant jamais été condamné, n’a jamais purgé sa peine – sinon en écrivant l’extraordinaire hymne féministe “Woman Is The Nigger Of The World” ? Franchement, comment prendre au sérieux une femme ou un homme qui, se disant “féministe”, vous inviterait à danser sur la mélodie de “Imagine” ?

Comment faut-il appeler ces militants-là ? Des féministes du dimanche ? Des intermittents du féminisme ? Des dilettantes de la cause des femmes ? Des imposteurs dont les pratiques démentent les paroles ? Des antiféministes ? Pire, des esthètes qui font la différence entre le créateur et son œuvre à laquelle ils reconnaissent une inviolable et absolue autonomie ?

“Donnez-moi juste la vérité”

Mais si ce docte distinguo vaut pour Lennon, artiste universel et plus grand que lui-même, est-il valable pour tous les contrevenants et pour toutes les œuvres ? Ou faut-il fixer une spécieuse “jurisprudence Lennon” ? 

En écoutant “Imagine”, si  j’éprouve, au lieu d’un vertigineux malaise, un infini sentiment de beauté, est-ce à dire que je suis un être satanique, perdu pour les exigences de la cause féministe ? Merci de répondre sincèrement à ma question. Tout ce que je veux c’est la vérité. Car…

“J’en ai assez d’entendre
Les mots d’hypocritiques psychorigides rabougris et étroits d’esprit
Tout ce que je veux c’est la vérité
Donnez-moi juste la vérité

J’en assez de lire
Les mots de politiciens névrosés, psychotiques, à tête de porc
Tout ce que je veux c’est la vérité
Donnez-moi juste la vérité

J’en ai assez de regarder les sketches
De primas donnas schizophrènes, égocentriques et paranoïaques
Tout ce que je veux c’est la vérité
Donnez-moi juste la vérité…”

Le Nouvelobs