Racisme anti-blanc.he: Des Miliciens insultent Camille Halut(membre de la LDH)«Filme les autres au lieu de nous filmer connasse!»(sic)

Featured Video Play Icon

Quatorze personnes blessées par la police lors de manifestation de «gilets jaunes» ont déposé plainte ce lundi auprès du tribunal de Toulouse. Simultanément, une observatrice des droits de l’homme de l’Hérault a saisi l’IGPN pour injures publiques à Montpellier.

Quatorze personnes blessées par la police lors de manifestation de «gilets jaunes» ont déposé plainte ce lundi auprès du tribunal de Toulouse, et lancé avec d’autres signataires un «appel des blessé.e.s de Toulouse», pour dénoncer les violences policières. Simultanément, une observatrice des droits de l’homme de l’Hérault a déposé une plainte pour injures publiques après avoir été insultée par un membre des forces de l’ordre pendant la mobilisation des «gilets jaunes» à Montpellier le 16 février.

» LIRE AUSSI – «Acte XV»: malgré une mobilisation en baisse, des «gilets jaunes» ne veulent «rien lâcher»

Des violences policières «abusives» à Toulouse

Crâne fracturé, mâchoire et dents cassées, oeil perdu… Une dizaine de victimes de violences policières ont témoigné à Toulouse lundi, dénonçant tous des violences policières «arbitraires» et «abusives». Pour l’heure, l’appel lancé sur internet a recueilli 31 signatures. «Le mouvement des ‘gilets jaunes’ a donné lieu à une répression policière et judiciaire sans précédent», a dénoncé Claire Dujardin, l’avocate de nombreux blessés, lors d’une conférence de presse.

Benoît, un artisan ébéniste de 29 ans, a raconté avoir été plongé plusieurs jours dans le coma victime d’un tir de LBD 40 le 1er décembre, qui lui a causé de multiples fractures au crâne et un œdème au cerveau. Yann, 39 ans, a affirmé avoir été «tabassé à coups de matraque» le 19 janvier lors d’une manifestation nocturne. «J’ai perdu connaissance et me suis réveillé dans une mare de sang», la mâchoire fracturée. «On a été agressés alors qu’on ne représentait aucune menace, et laissés gisant à terre jusqu’à l’arrivée des secours», s’insurge-t-il.

«Aucun des blessés n’a été poursuivi ou condamné. Beaucoup d’entre eux n’ont même pas été interpellés, et ceux qui l’ont été ont été rapidement relâchés», a aussi relevé Me Dujardin, l’avocate des plaignants.

Une femme insultée par un policier à Montpellier

À Montpellier, la plainte de l’observatrice de la Ligue des droits de l’homme de l’Hérault a été déposée sur la plateforme de l’IGPN, la police des polices, comme le confirme l’intéressée Camille Halut à l’AFP. Le parquet a saisi l’instance policière. Au cours du 14e samedi de mobilisation, le samedi 16 février, des échauffourées se sont déroulées sur la place de la Comédie de Montpellier en fin de manifestation. «J’étais en train de filmer le brassard d’un membre de la BAC», a raconté à l’AFP la plaignante qui observe les manifestations depuis un mois au sein d’une équipe juridique de la LDH. «Son collègue s’est retourné vers moi et a prononcé des propos violents à mon égard».

 

«Filme les autres, filme les autres au lieu de nous filmer connasse!»

Présumé policier masqué

Sur la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on voit un homme casqué, matraque en main, visage dissimulé derrière une cagoule, sans aucun brassard ou plaque permettant de l’identifier, l’interpeller: «Filme les autres, filme les autres au lieu de nous filmer connasse!». «Espèce de gaucho, va! Anarchiste, gauchiste», lance-t-il ensuite. «T’es contre la démocratie, toi!».

«On reçoit des pierres et la seule chose que tu fais, c’est de filmer des policiers», poursuit-il ensuite, alors que la jeune femme lui demande son numéro de matricule: «Allez, va-t’en, ou sinon je prends ton nom et je vais te rentrer (au commissariat, ndlr)…».

» LIRE AUSSI –IGPN: au fait, c’est quoi la «police des polices»?

Étudiante en cinquième année de droit public, Camille Halut affirme par ailleurs avoir fait l’objet de nouvelles violences policières samedi 23 février, et affirme qu’elle s’apprête à déposer une deuxième plainte. «Ils m’ont poussée contre une voiture, puis m’ont violentée. Je m’apprête à porter plainte. Je vais aller chez le médecin, j’ai des hématomes et des tensions autour du cou». «Je ne suis pas dans la détestation des forces de l’ordre. Je ne supporte plus cette impunité, c’est ce qui motive mon action. Les forces de l’ordre mettent en danger la vie de leurs concitoyens mais aussi leur carrière professionnelle», a-t-elle assuré.

Depuis le début du mouvement le 17 novembre, il y a eu 467 signalements à l’IGPN, 198 personnes blessées à la tête, 21 personnes éborgnées et 5 dont la main été arrachée a affirmé le journaliste indépendant David Dufresne. Des chiffres officiels antérieurs chiffraient à la mi-janvier à 243 les signalements alors faits auprès de l’IGPN.

Le Figaro