Racisme Anti-Blanc.he, Affaire Matzneff: Lâché par Gallimard, Il dénonce une campagne «excessive et agressive»

«J’ai le sentiment que, quoique je dise ou écrive aujourd’hui, cela se retournerait contre moi.» Dans une lettre adressée à BFMTV, Gabriel Matzneff s’est exprimé ce mardi 7 janvier sur la décision de Gallimard de retirer de la vente son journal, que la maison d’édition publiait depuis trente ans. «La souffrance exprimée par Madame Vanessa Springora dans Le Consentement, fait entendre une parole dont la force justifie cette mesure exceptionnelle», a affirmé mardi la maison Gallimard, en annonçant sa décisition, inédite.

L’écrivain de 83 ans est visé depuis vendredi par une enquête pour «viol sur mineur» de moins de 15 ans, ouverte 24 heures après la sortie du livre de Vanessa Springora, directrice des éditions Julliard. Dans Le Consentement (Grasset), la femme de 47 ans raconte comment elle a été séduite par Gabriel Matzneff à l’âge de 13 ans, la relation sous emprise qu’elle a eue ensuite avec lui et les blessures que cela a laissées dans sa vie.

Dans cette longue réponse envoyée par email à BFMTV, l’écrivain dénonce une «campagne excessive et agressive», qui le rend «trop faible, trop démoralisé pour avoir la force de répondre [aux] questions».

«Galipettes coupables postsoixante-huitardes»

L’auteur du Taureau de Phalaris et de La Diététique de Lord Byron revient ensuite sur sa réponse publiée par L’Express le 2 janvier, dans laquelle il évoque sa relation et sa rupture avec Vanessa Springora. Une lettre qui selon lui, «devrait faire taire ceux qui, nombreux, me présentent pour un prédateur, un manipulateur, un pervers, qui est l’exact contraire de celui que je suis».

 

Je trouve idiot, extravagant, que l’on me fasse en 2020 grief de livres publiés il y a plus de trente ans, voire il y a plus de quarante ans !

Gabriel Matzneff

Pour Matzneff, ces «galipettes coupables postsoixante-huitardes» sont à mettre sur le compte d’une «époque insouciante», marquée par les écrits de ses amis de Libération Guy Hocquenghem, Michel Cressole, Jean-Luc Hennig, Renaud Camus et Hugo Marsan. «Des centaines de pages sur ce sujet qui, alors, nous semblait innocent», se justifie-t-il.

 

L’auteur parle de «vague de néopuritanisme qui recouvre à présent l’entière planète […]», venue selon lui tout droit des États-Unis. «Je trouve idiot, extravagant, que l’on me fasse en 2020 grief de livres publiés il y a plus de trente ans, voire il y a plus de quarante ans! », ajoute Matzneff qui a renoncé à sa chronique pour Le Point, et qui rappelle l’accueil favorable, voire enthousiaste, reçus par ses livres à l’époque.

Il salue également la décision d’Antoine Gallimard qui le vise: «Je pense qu’il a raison, cela calmera les excités, écrit-il, qui auront ainsi le temps de lire mes essais.»

Et conclut ainsi sa lettre: «Seule l’intention de me nuire peut justifier que l’on sorte comme ça, […] des phrases qui dorment depuis des décennies dans ceux de mes livres écrits à l’époque où j’avais, […] une vie que les moralistes s’accordent à juger dissolue

Le Figaro