Orléans (45) : Mathilde Edey Gamassou, victime de communautaristes blancs, interviewée par la jeune métèque Eugénie Bastié

EXCLUSIF – Choisie cette année pour figurer la Pucelle lors des Fêtes johanniques, elle est devenue le symbole malgré elle des fractures françaises. Sa désignation avait suscité un flot d’injures racistes. Portrait.

Ce dimanche 29 avril, elle a reçu l’épée des mains de celle qui l’a précédée, puis a défilé en armure et le sourire aux lèvres dans les rues d’Orléans pour ouvrir la 589e édition des Fêtes johanniques. Mathilde Edey Gamassou, 17 ans, est la première jeune fille d’origine extraeuropéenne à avoir été désignée pour figurer Jeanne d’Arc lors des cérémonies traditionnelles qui commémorent la délivrance de la ville par la Pucelle, le 8 mai 1429.

«C’est mon père qui est métis, pas moi. C’est mon grand-père paternel qui était béninois et qui est venu en France et a épousé une Française du Cantal»

Mathilde Edey Gamassou

Sa nomination en février dernier avait suscité un déferlement de haine et de bêtise sur les réseaux sociaux. «Jeanne d’Arc béninoise», «propagande prométissage» et autres insultes avaient fleuri sur des comptes le plus souvent anonymes. «L’an prochain, Jeanne d’Arc sera en burqa», commentait même un internaute sur un site antimusulman. Le procureur de la République d’Orléans a ouvert une enquête pour «provocation publique à la …

Le Figaro