Nombrilisme: Paul Goetghebeur nous parle de son cancer des testicules…

Featured Video Play Icon

Ramer et dormir. Pendant toute la préparation des championnats de France d’aviron de 2015, Paul Goetghebeur n’a rien pu faire d’autre.

“J’étais à bout de force. Alors qu’on avait pour rituel de courir avant chaque entraînement, je n’en étais plus capable. J’avais aussi mal au ventre, mais je ne me posais pas trop de questions car mes performances étaient bonnes.”

De retour chez lui à Dunkerque (Nord), le sportif de haut niveau de 18 ans se met à cracher du sang. Une première échographie révèle d’énormes ganglions le long de l’aorte abdominale.

“Ça comprimait mon rein gauche, j’avais du mal à uriner.”

Peu de temps après, le jeune homme se tord de douleur, vomit.

“Qu’un mec comme moi ait un cancer, c’était impossible”

“Mon testicule avait quadruplé de volume.” Aux urgences, Paul Goetghebeur est dirigé droit vers le service d’oncologie. Le verdict tombe : cancer des testicules.  

“Qu’un mec comme moi, qui mène une vie très saine, ait un cancer, c’était impossible, presque risible.”

Entre 15 et 35 ans, il s’agit pourtant du cancer le plus fréquent chez l’homme. Et même si la pathologie reste rare, avec quelque 2.350 nouveaux cas chaque année, elle ne cesse de progresser : 2,5% de malades en plus tous les ans. En cause, probablement les perturbateurs endocriniens.

Le professeur François Desgrandchamps, chef du service d’urologie de l’hôpital Saint-Louis à Paris et professeur à la faculté de Paris-VII Diderot, explique : 

“Les cellules anormales sont là dès que le testicule se forme. On soupçonne des facteurs toxiques ou environnementaux qui auraient soit créé le cancer in utero, soit favorisé son développement par la suite. Mais ce n’est qu’une hypothèse. On manque encore de preuves.”

95% de guérisons

Encore assez taboue en France, cette affection fait l’objet de campagnes de dépistage décomplexées dans les pays anglo-saxons, pour inviter les garçons à se palper.

 

Nouvelobs