Militaro-Blanchisme, Permis de Meurtre: Des Blancs modérés se mobilisent contre la monté des radicaux

Les animalistes ont mené campagne samedi 18 mai à Rambouillet, terre historique des chasseurs. Bien décidés à capitaliser sur le désamour des électeurs pour les partis traditionnels, les militants ont suscité la curiosité des badauds.

Tractage en terrain humide et a priori miné pour le parti animaliste. Chasubles violets sur le dos, Pierre et Christine sont déjà à l’affût lorsque la pluie commence à tomber sur Rambouillet (Yvelines). Composée en majorité de zones boisées, la ville est connue pour avoir accueilli les chasses présidentielles jusqu’en 1995. La chasse à courre s’y pratique encore. Elle est aussi l’ancien fief du président du Sénat, Gérard Larcher. Il est 17 heures, ce samedi 18 mai, le carrousel tourne encore sur la place Félix-Faure, passage obligé coincé au carrefour d’une rue commerçante, de la sortie du parc et du chemin qui mène à la gare.

» LIRE AUSSI – Entre écologistes et chasseurs, le «en même temps» de Macron

Sur le tract couleur zinzolin, aucune trace de la tête de la liste Hélène Thouy, avocate girondine connue pour des procès médiatiques d’abattoirs ou de corridas. À la place, la «gueule» d’un petit chat blanc aux yeux verts, qui penche légèrement la tête sur le côté. Une stratégie payante… au moins pour écouler les flyers. «Ça m’a amusée», avoue en riant Anne-Laure, tout en continuant son chemin. Elle n’est pas la seule à céder plus par malice que par intérêt. Mais les bénévoles, une dizaine, sont motivés à convaincre, sans toutefois rentrer dans la provocation. «On va peut-être éviter de stationner devant le boucher», dit Pierre, électricien de 50 ans.

«Préférez les animaux!»

«Depuis des décennies, vous pensez que les hommes politiques vont se battre pour vous mais en réalité non, assène Pierre. S’il y a la moindre piste qui vous fait penser que votre vote sera inutile, votez pour le parti animaliste, préférez les animaux!» En basant sa stratégie sur un thème unique, le parti revendique un esprit transpartisan. Christine envisage l’existence du parti «comme un groupe d’influence, si je peux le dire comme ça. On veut inciter les autres partis à s’intéresser réellement à la question». En subtilisant quelques voix d’électeurs indécis et, souvent peu informés sur le scrutin à venir.

Le discours fait son petit effet, surtout auprès des propriétaires de “nos amis les bêtes”. «Ils se font connaître, c’est aussi ça la démocratie», estime un militaire à la retraite. «C’est le parti qui me paraît le plus honnête et le plus sympathique», concède une dame. «Mais le problème c’est qu’avec 34 listes et un seul tour, il y a une dissolution des voix et ça peut ouvrir la voie à l’extrême droite», renchérit une autre. Yaël, référente du parti dans les Yvelines, argumente: «Le tissu associatif est là depuis déjà des dizaines d’années et rien n’est fait, ou très peu sur le plan politique. Les rares avancées législatives que l’on a depuis 40 ans, c’est grâce à l’Europe. Pas à l’État Français!»

Le Figaro