Lugbysme, Apologie de la violence: En réaction aux nombreux accidents et la dimension physique du rugby de haut niveau, la Fédération veut « remettre le plaisir » au centre de l’apprentissage…

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  • Dans le cadre du VI Nations, 20 Minutes s’intéresse à la question de la violence dans le rugby au travers d’une série d’articles.
  • Le troisième volet évoque la formation dispensée dans les écoles de rugby et le nouvel accent mis sur le jeu dans les intervalles au détriment du contact

Le rugby doit changer. L’année 2018 a été marquée par le décès de quatre jeunes joueurs de rugby, alertant sur la violence des chocs d’un sport qui ne se reconnaît plus. Chaque semaine de match pendant le tournoi des VI Nations, 20 Minutes vous propose un article pour évoquer la course au tout-physique dans le monde du rugby et les solutions pour en sortir. Troisième épisode : La formation à l’école de rugby

A Paris et à Toulouse,

Un bel après-midi ensoleillé de février dans le sud de Paris, sur un terrain en synthétique en parfait état à donner des envies de déjeuner sur l’herbe. Des gamins fous de joie, des ballons partout, et le doux rêve d’avoir dix ans à nouveau pour jouer à la version rugby de poule/renard/vipère avec eux. « Il faut que les gamins se disent qu’ils vont s’amuser en venant à l’école de rugby, souffle Vincent Lenouvel, le directeur sportif du PUC (Paris université club). La culture du club, c’est de prôner le jeu. Les parents inscrivent leur enfant ici pour ça ». Ils s’amusent, justement. Des petits exercices à trois contre trois et une obsession partagée. Slalomer à droite, à gauche, au milieu, la donner en dernier recours, pour aplatir derrière la ligne imaginaire. A cet âge, et à gabarits semblables, les enfants ne pensent jamais à provoquer l’affrontement direct.

Le programme #bienjoué pour changer la pratique

« Jusqu’à 12 ans, l’attaque prend tout le temps le pas sur les défenses et les gamins sont dans l’évitement permanent, confirme Lenouvel. Ça fait des scores de 60 à 40 à la mi-temps si on convertissait les essais en points ». Une fraîcheur aussi fragile que prometteuse en ces temps difficiles pour le rugby de haut niveau et son image de sport de brutes épaisses. La FFR s’est ainsi empressée de lancer un programme national pour une nouvelle organisation des apprentissages dans les clubs en septembre dernier. Objectif avoué ? « Organiser la pratique du rugby en toute sécurité », reconnaît Didier Rétière. L’ancien coach des avants tricolores, désormais DTN, a beau affirmer que « le rugby est un sport moins dangereux qu’avant », il concède que les excès du rugby pro ont déteint sur la pratique globale. « On a trop insisté sur la notion de sport de combat et de glorification de la figure de gladiateur. Il faut remettre du plaisir, en commençant par les plus jeunes ».

Une mesure symbolique parmi d’autres pour incarner ce redressement philosophique : l’expérimentation de la règle du passage en force, calquée sur le modèle du basket. Si un joueur va cartonner un adversaire immobile, le ballon part à l’équipe d’en face. « Sur nos matchs, depuis le début de saison, il y a peut-être eu un ou deux passages en force sifflés, nuance Eric Saubusse, éducateur chez les moins de 12 ans au club du Toulouse Lalande Aucamville (TLA), dans la banlieue Nord de la capitale historique du Languedoc. Pour nous, ce n’est pas une révolution, on favorisait déjà le jeu dans les intervalles ». « C’est davantage une règle à destination de l’opinion, pour montrer que le rugby fait face », ajoute Benoît Beyne, son préside

20 Minutes