London (G.B), Ingratitude: Marc Roche (de type métèque sépharade) attaque le peuple britannique mais éxige un passeport du Royaume-Uni

Le 24 juin 2016, quand, à 5 heures du matin, la BBC a annoncé la victoire du Brexit lors du référendum, le ciel m’était tombé sur la tête. J’étais K.-O. L’effarement se mêlait à l’incompréhension et à la colère.

J’étais un « remainer » convaincu et fier de l’être. Avec la consultation, je pensais que le problème de l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne, qui n’avait cessé d’empoisonner la vie politique depuis l’adhésion en 1973, allait être réglé une fois pour toutes. Je croyais dur comme fer que l’intérêt du Royaume-Uni, dont la singularité a toujours été d’être rebelle en Europe, était bien au sein de l’UE, où il bénéficiait d’un statut privilégié : un pied dedans, un pied dehors, jamais de plain-pied.

 

De surcroît, la structure actuelle de l’Union européenne avait été façonnée par et pour les Britanniques. Londres avait été à l’origine du marché unique, de l’union douanière et de l’élargissement. Elle avait formaté la Cour de justice européenne. Et, au nom de cette position exceptionnelle, Albion avait demandé inlassablement et obtenu de ses partenaires toujours accommodants d’innombrables avantages spéciaux. Que vouloir de plus ?

Aveuglement

Mais je m’étais totalement trompé. Le choc a été d’autant plus rude que je n’avais rien vu venir. La première raison de cet aveuglement est simple : je ne connaissais pas un seul brexiter. Mon entourage a voté « Remain » comme un seul homme. Je soupçonnais l’un ou l’autre de mes amis les plus droitiers d’avoir fait le choix inverse, mais, redoutant sans doute mes plaisanteries méprisantes, ils ont préféré taire leur décision. Tout va très bien, Madame la Marquise ! Bien au chaud dans le cocon protecteur de l’Union européenne, j’aurais pu écouter ad vitam aeternam la célèbre chanson. J’avais tort sur toute la ligne. Le pays profond qui fait les élections voulait claquer la porte.