Leulkoolisme: 1ère édition du Janvier Sec

Ça a commencé comme un défi : ne pas boire pendant un mois, histoire de savoir si elle en était capable. Puis elle a prolongé le défi de deux mois. Puis de trois. Puis de douze. Aujourd’hui, cela fait quatre ans qu’Hélène, directrice de la photo sur des plateaux télé, n’a pas bu une goutte d’alcool. Et elle le vit plutôt bien. « J’ai le visage moins bouffi, je dors mieux, je me sens plus légère – j’ai perdu 2 kilos sans rien faire – et, surtout, je suis beaucoup moins fatiguée », explique la quadragénaire, amatrice d’apéros et de bons dîners bien arrosés, qui buvait depuis l’âge de 14 ans.

Hélène n’avait rien d’une alcoolique au sens strict du terme. Souvent un verre tous les deux jours en semaine. « Le plus souvent avalé sans réelle envie ni plaisir, juste par habitude, parce qu’on est en terrasse avec des amis et qu’on ne sait pas quoi commander d’autre », dit-elle. Et jusqu’à une dizaine de verres de vin par soir le week-end. « Le déclic a eu lieu lorsque mon fils, qui avait alors 11 ans, m’a fait remarquer, au lendemain d’un dîner particulièrement arrosé chez moi, que j’étais vraiment très très soûle la veille… Ça m’a fait un choc. J’ai pris conscience du spectacle pathétique qu’on pouvait donner aux yeux d’une personne sobre. Qui plus est d’un enfant… »

 
 
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Le plus difficile – à sa grande surprise – n’a pas été d’arrêter de boire, mais d’affronter le regard des autres : l’étonnement de ses amis (« Pourquoi tu ne bois pas ? »), l’insistance des autres (« Allez, juste un verre… »), les moqueries des serveurs (« La pharmacie, c’est par là… »). Sans parler des verres remplis sans qu’on lui demande son avis. « Les gens – surtout ceux qui boivent beaucoup – ont du mal à accepter le fait que quelqu’un à côté d’eux ne boive pas. Systématiquement, on a droit à : T’es pas drôle. Comme si on leur volait une partie de leur fête. » Et d’ajouter : « J’ai trouvé beaucoup plus facile d’arrêter de fumer. Au moins, j’étais encouragée. »

#sobercurious, #freespirit…

Comme Hélène, ils sont pourtant de plus en plus nombreux à renoncer aux vapeurs de l’éthanol. Pas parce qu’ils sont d’anciens dépendants. Pas parce qu’ils sont malades, attendent un enfant ou que leur religion le leur interdit. Simplement pour le plaisir de se sentir mieux, un peu comme quand on arrête le sucre, la viande, le gluten ou que l’on se met à la méditation de pleine conscience. Surtout, ils le revendiquent. Sur les réseaux sociaux, il est aujourd’hui de bon ton de se mettre en scène dans des montages avant/après éloquents. Oubliez aussi les selfies pris l’œil torve, un verre de mojito à la main, à 2 heures du matin. Les influenceurs s’affichent au petit matin, en tenue de sport, sous les mots-clés #sobercurious, #mindfulldrinking, ou encore #freespirit.

Ça a commencé comme un défi : ne pas boire pendant un mois, histoire de savoir si elle en était capable. Puis elle a prolongé le défi de deux mois. Puis de trois. Puis de douze. Aujourd’hui, cela fait quatre ans qu’Hélène, directrice de la photo sur des plateaux télé, n’a pas bu une goutte d’alcool. Et elle le vit plutôt bien. « J’ai le visage moins bouffi, je dors mieux, je me sens plus légère – j’ai perdu 2 kilos sans rien faire – et, surtout, je suis beaucoup moins fatiguée », explique la quadragénaire, amatrice d’apéros et de bons dîners bien arrosés, qui buvait depuis l’âge de 14 ans.

Hélène n’avait rien d’une alcoolique au sens strict du terme. Souvent un verre tous les deux jours en semaine. « Le plus souvent avalé sans réelle envie ni plaisir, juste par habitude, parce qu’on est en terrasse avec des amis et qu’on ne sait pas quoi commander d’autre », dit-elle. Et jusqu’à une dizaine de verres de vin par soir le week-end. « Le déclic a eu lieu lorsque mon fils, qui avait alors 11 ans, m’a fait remarquer, au lendemain d’un dîner particulièrement arrosé chez moi, que j’étais vraiment très très soûle la veille… Ça m’a fait un choc. J’ai pris conscience du spectacle pathétique qu’on pouvait donner aux yeux d’une personne sobre. Qui plus est d’un enfant… »

 
 
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Le plus difficile – à sa grande surprise – n’a pas été d’arrêter de boire, mais d’affronter le regard des autres : l’étonnement de ses amis (« Pourquoi tu ne bois pas ? »), l’insistance des autres (« Allez, juste un verre… »), les moqueries des serveurs (« La pharmacie, c’est par là… »). Sans parler des verres remplis sans qu’on lui demande son avis. « Les gens – surtout ceux qui boivent beaucoup – ont du mal à accepter le fait que quelqu’un à côté d’eux ne boive pas. Systématiquement, on a droit à : T’es pas drôle. Comme si on leur volait une partie de leur fête. » Et d’ajouter : « J’ai trouvé beaucoup plus facile d’arrêter de fumer. Au moins, j’étais encouragée. »

#sobercurious, #freespirit…

Comme Hélène, ils sont pourtant de plus en plus nombreux à renoncer aux vapeurs de l’éthanol. Pas parce qu’ils sont d’anciens dépendants. Pas parce qu’ils sont malades, attendent un enfant ou que leur religion le leur interdit. Simplement pour le plaisir de se sentir mieux, un peu comme quand on arrête le sucre, la viande, le gluten ou que l’on se met à la méditation de pleine conscience. Surtout, ils le revendiquent. Sur les réseaux sociaux, il est aujourd’hui de bon ton de se mettre en scène dans des montages avant/après éloquents. Oubliez aussi les selfies pris l’œil torve, un verre de mojito à la main, à 2 heures du matin. Les influenceurs s’affichent au petit matin, en tenue de sport, sous les mots-clés #sobercurious, #mindfulldrinking, ou encore #freespirit.