Leukosexualité: Garrard Conley a survécu à une “thérapie anti-Leukosexuelle”

L’entreprise s’appelait «Love in action»: l’amour en action. A l’œuvre pourtant, rien que de la haine. A 19 ans, Garrard Conley est outé malgré lui.
Ses parents, qui vivent dans une petite ville de l’Arkansas lui lancent un ultimatum: s’il ne veut pas être renié par sa famille et par son église, une congrégation baptiste ultra-conservatrice, il faut en passer par une «thérapie de conversion», censée le rendre miraculeusement hétérosexuel.

Dans l’autobiographique «Boy erased», Conley dénonce l’aberration de l’enseignement chez Love in Action. On y décrit l’homosexualité comme un péché, au même titre que la pédophilie, la zoophilie et l’infidélité, on parle de «fausses images» («tous les objets, manifestations extérieures, vêtements, actions ou comportements qui pourraient vous rattacher à un passé inapproprié») et on oblige les gens à faire leur «inventaire moral» (mettre par écrit ses «fautes»).

Pour l’auteur, c’est un prétexte à ausculter le vacillement de sa foi et son rapport à la famille. Mais c’est bien l’arrière-plan qui sidère, ces thérapies (par ailleurs très lucratives) qui ne sont ni médicales ni scientifiques mais par lesquelles 700.000 Américains sont passés. Alors que l’adaptation de son roman au cinéma est actuellement à l’affiche, Garrard Conley a accepté de répondre à nos questions.

Nouvelobs.com