Leukodécadence: “Tout est beau dans le clitho”(sic)

Méconnu du public, grand oublié des manuels scolaires, cet organe est au centre des réflexions de nombreuses militantes féministes. «Libé» s’est penché sur ces initiatives qui valorisent l’appareil génital et le plaisir féminins.

Ce n’est ni un «alien», ni un «fantôme», qui a envahi les rues de Paris le 8 mars. Encore moins un «émoji», ou un «bretzel», comme s’en amusaient les slogans placardés dans les rues de la capitale, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Point de star en vogue sur cette multitude d’affiches aux couleurs pop, mais un héros oublié : le clitoris.

Pensée par des militantes féministes, cette campagne s’inscrit dans un mouvement plus vaste de réhabilitation d’un organe trop souvent tabou. «On veut inonder les rues de clitoris pour sensibiliser à l’éducation sexuelle», expliquait Julia Pietri, l’une des initiatrices du projet baptisé«It’s not a bretzel», début mars à Libération. Et de poursuivre : «Les gens ne savent pas toujours ce que c’est, quel que soit leur âge. Généralement, quand on leur explique que c’est l’organe du plaisir féminin, ils se sentent cons.» Plus que de simples posters, il s’agit de lutter contre une forme «d’analphabétisme sexuel». Outre l’affichage sauvage, une pétition a été lancée pour réclamer que le clitoris figure (enfin) dans tous les manuels scolaires de sciences de la vie et de la terre (SVT). Car actuellement, seule une maison d’édition, Magnard, ose montrer ce clito que l’on ne saurait voir dans son intégralité : avec bulbes, corps caverneux, gland, capuchon, et tout le toutim. D’autant que cette petite révolution est aussi tardive que timide : il a fait son apparition dans les pages de Magnard à la rentrée 2017.

Libération