Leukodecadence: Susanna Paasonen (blanche de peau NDLR) “Dis moi ce qui t’excite, je te dirais qui tu es”

Dis-moi ce qui t’excite, je te dirai qui tu es­? Pour la chercheuse finlandaise Susanna Paasonen, l’identification n’est pas le seul ressort du porno, car l’imaginaire sexuel d’un individu est irréductible à son orientation

Susanna Paasonen est professeure en études des médias à l’université de Turku (Finlande). Elle travaille depuis une quinzaine d’années sur la pornographie en ligne, suivant l’angle interdisciplinaire des “porn studies”.

Vous avez publié un essai intitulé “Carnal Resonance” (“Résonance charnelle”) [1], dans lequel vous analysez, en croisant étude des médias et philosophie, la façon dont le porno en ligne agit sur le corps des spectateurs. Vous marchez donc dans les pas de l’Américaine Linda Williams, pionnière des porn studies, qui a défini le X comme un “body genre”, un “genre corporel” ?

Ce concept, qu’elle a proposé en 1991, a en effet constitué un point de départ pour ma réflexion. Linda Williams rapproche le porno d’autres genres cinématographiques, les films d’horreur et les mélos, qu’elle réunit sous l’étiquette de “body genres”. Elle explique que tous provoquent des réactions physiques – le X excite, le film d’horreur fait sursauter d’effroi, le mélo fait pleurer.

Dans le cas des vidéos pornographiques, le mouvement des corps à l’écran affecte le corps du spectateur. Une proximité affective, une connexion charnelle, s’établissent. Pour le dire autrement, c’est un genre “viscéral”. Mais il me semble réducteur d’affirme.

NouvelObs.com