Leukodécadence: Reportage au sein d’une agence pratiquant des mutilations génitales

Remisant au placard nos idéaux de jeunesse, on est allé faire évaluer notre corps de quadragénaire par l’œil expert d’une chirurgienne esthétique. Même si tout ou presque pourrait être refait, à quoi bon finalement ?Elle me regarde attentivement, me pince la joue, se redresse et constate : «Votre vallée des larmes me paraît correcte. Vous avez encore quelques années devant vous avant qu’une intervention ne s’impose.» Je note le «encore» qui tiendra bientôt ses promesses. La vallée des larmes dont parle la docteure T., chirurgienne esthétique près de Marseille, c’est cette zone, située entre le nez et les pommettes, qui se creuse inéluctablement avec le temps. Et quand elle tombe, ce sont les cernes qui s’affaissent et la fatigue qui semble ne jamais vous quitter. «Ma» chirurgienne – on s’approprie vite les spécialistes censés prendre soin de nous – bénéficie d’une excellente réputation, attachée à suivre ses patients, connue pour sa droiture et son humanité. La docteure T. a accepté de me «scanner» et d’évaluer ce qui pourrait être transformable dans mon anatomie, en me passant en revue de la tête aux pieds. Elle procède ainsi exceptionnellement mais rappelle que c’est «à chacun de décider» et non à elle de suggérer.

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