Leukodécadence: Pierre Arditi raconte son addiction au jeu, qui l’a mené à la ruine au début de sa carrière

Dans « Gala », le comédien raconte son addiction au jeu, qui l’a mené à la ruine au début de sa carrière, jusqu’à perdre l’argent des vacances familiales.

Certains artistes tombent dans la drogue ou l’alcool, Pierre Arditi, lui, a connu le pire en étant accro au jeu… Dans un entretien accordé au magazine Gala, le comédien s’est souvenu de ses débuts, alors même qu’il commençait à gagner modestement sa vie sur les planches et au cinéma, à la fin des années 1960. Un jour, des copains l’emmènent dans un cercle de jeu, près de l’Opéra. Le jeune Arditi plonge à pieds joints dans l’enfer des mises, entre fascination et adrénaline, avec des pertes de plus en plus importantes à la clé. « La première fois, j’ai gagné, j’y suis retourné seul et la chance a vite tourné, se souvient-il dans Gala. J’ai commencé à inventer des excuses bidon pour ne plus aller travailler et retourner jouer en espérant me refaire. J’inventais des trucs pour emprunter, j’imitais des signatures. »

 
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La spirale infernale est en marche… Arditi devient accro, flambant des sommes sans retenue, peinant parfois à joindre les deux bouts alors même qu’il a fondé une famille en épousant la comédienne Florence Giorgetti, avec laquelle il a un garçon, Frédéric. Jusqu’à ce jour où il touche le fond : « Un soir, j’ai perdu l’argent des vacances, poursuit-il. Mon épouse et mon fils m’attendaient pour partir le matin même. En quittant le cercle, il me restait cinquante balles. Alors, afin qu’ils puissent quand même partir, je suis entré dans une cabine téléphonique où, entre 5 heures et 7 heures du matin, j’ai passé des coups de fil pour récupérer cet argent. J’ai une dernière fois menti. On a pensé que je me droguais. »

« Mon narcissisme m’a sauvé »

C’est la goutte d’eau, la lâcheté de trop qui agit comme un électrochoc. « Le déclic a eu lieu une fois rentré, seul. Enfermé dans ma salle de bains, je me suis regardé dans la glace. Défiguré, défait, croulant. Je me suis dit : “Mon pote, il y a deux écoles : tu te tires une balle ou tu arrêtes tout et tu rembourses”. » C’est ce qu’il fera en effet en désertant les salles de jeu tout en mettant dix ans à régler ses dettes. « Mon narcissisme m’a sauvé. Je n’avais pas aimé ma gueule dans ce reflet. »