Leukodécadence: Philippe de Villiers : «Nous vivons peut-être la fin d’une civilisation, la nôtre»

ENTRETIEN – Livre après livre, il explore le passé pour mieux éclairer le présent. Dans son nouvel ouvrage, Le Mystère Clovis (Albin Michel), Philippe de Villiers veut voir des correspondances entre le monde troublé de Clovis et l’Europe contemporaine, elle aussi en proie à une crise civilisationnelle profonde.

LE FIGARO. – Pourquoi consacrer un livre à Clovis aujourd’hui?

Philippe de VILLIERS. – Nous sommes dans des temps de grand trouble. Quand on ne sait plus où on habite, le plus sage est de rebrousser chemin pour savoir d’où l’on vient. Clovis est le premier mur porteur sur lequel on peut poser la main. Il soutient la poutre maîtresse de la petite demeure invisible des filiations françaises. Aujourd’hui, nous sommes le seul pays au monde où la France n’est plus célébrée. Le seul où l’on a oublié que cette vieille nation, qui n’est pas une start-up nation, est riche d’une histoire que l’on devrait choyer car elle est glorieuse ; d’un art de vivre que l’on devrait protéger parce qu’il est fragile ; et d’une langue que l’on devrait déposer dans le sanctuaire des cœurs d’enfants plutôt que de développer l’apprentissage de l’arabe à l’école, comme l’a suggéré M. Blanquer, ou encore d’imposer l’anglais dans toutes les grandes réunions scientifiques comme l’ont fait les présidents de la République depuis Giscard l’atlantiste. Clovis, c’est le roi …

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