Leukodecadence, Mutilations genitales: Les effets de l’ablation Vaginale

Dix jours après la diffusion du Cash Investigation sur les prothèses vaginales, où l’on retrouve (entre autres) les révélations publiées dans L’Obs il y a un an, et le témoignage de Cathy, la rédaction reçoit toutes les nuits des mails de femmes qui souffrent de ces dispositifs. 

Je renvoie les femmes vers le groupe Facebook de victimes qui a été créésuite à la publication des premiers papiers dans L’Obs, il y a un an. 

Par exemple, une dame, opérée à Monaco en 2011, nous a écrit :

“Je sens comme si mes intestins sont attachés en bas de mon ventre.” 

Et le week-end dernier, j’ai reçu le témoignage de Sylvie, boulangère dans un village du sud, que je reproduis intrégralement ici avec son autorisation. Après avoir lu ces mots, vous n’entendrez plus jamais parler d’elle : elle nous a écrit dans un élan furtif et ne fera rien d’autre.

A l’approche des vacances de Noël, elle prépare ses petits paquets de chocolats, assise au bord d’un tabouret, en ayant mal. 

Bonjour, je me présente Sylvie, 57 ans.

Si vous me fixez un rendez-vous afin de nous rencontrer, disons dans un café, afin de faire connaissance, vous, de votre côté, votre souci, pour ce rendez-vous, sera peut-être comment vous habiller, et peut-être où garer votre voiture. Pour moi c’est très différent : si c’est un lieu inconnu, j’en ai la hantise, je dois savoir si je peux me garer très proche vu que la marche m’est très difficile. Déjà, ça, cela me tracasse beaucoup.

Ensuite allons-nous rester assises ou droites ? Parce qu’assise, je ne peux l’être qu’au bord de la chaise et que je dois allonger souvent ma jambe, c’est pénible. Rester droite et immobile longtemps, c’est impossible aussi. Et va-t-il faire froid dans cet établissement ?

Parce que là encore, le froid me fait souffrir. Et si je bois un café, les toilettes sont-elles proches et propres ? Voila un échantillon de ma vie actuelle. Je dois me remettre en question constamment, me poser mille questions avant chaque sortie, chaque rendez-vous.

Sans l’émission [Cash investigation, ndlr], je n’aurai jamais su, jamais appris que je ne suis pas seule, ni folle mais tout simplement une victime comme beaucoup d’autres femmes. Pour moi, tout à commencé en 2002 donc les dates ne correspondent pas avec celles du Prolift, mais sinon tout tout est identique et donc voilà mon histoire à moi.

Je suis commerçante, j’ai une boulangerie avec mon mari. Toujours debout, jamais en arrêt maladie, donc chez nous comme pour toutes les femmes commerçantes, c’est : “tu te soigneras plus tard”.

Après un premier accouchement d’un beau bébé de 3,2 kg, le soir même de mon retour de la maternité, j’ai du être à mon poste au commerce parce que mon employée m’a annoncée qu’il n’était pas question pour elle de rester en fin d’après-midi. Me voilà donc derrière le comptoir très rapidement. Deux ans après, une autre petite fille de 3,5 kg et à quelques jours après le même scénario. Pas de repos.

Tout cela pour vous dire que quand, après mes 40 ans, je me retrouve avec des soucis, je mets tout sur le compte de la rapidité avec laquelle j’ai repris le travail après mes accouchements, et le fait d’être toujours droite.

“Tout rentrera dans l’ordre”

Mes petits soucis, c’est que je suis obnubilée par les toilettes. Partout où je vais, je dois savoir où elles sont, parce que j’ai très souvent envie d’uriner. Je consulte un urologue qui me dit, “c’est trois fois rien, en fait vous devez faire une descente de la vessie, un petit filet et tout rentrera dans l’ordre”.

Il me fait très rapidement quelques examens et l’opération est programmée. Suite à cela et les années passant rien de bien grave, juste une fatigue qui va croissante mais qui n’est pas fatigué ?

Jusqu’au jour fatidique où, fin 2011, je ressens un truc bizarre à l’entrée de mon vagin. J’en parle donc à mon gynéco qui me dit immédiatement, “allez voir un urologue pour vous retirer ça”. Cette fois, je vais voir un Professeur qui me dit “en effet, le filet que l’on vous a mis pour remonter la vessie a cédé et il est venu s’accrocher à l’entrée du vagin”.

A ce moment, on me parle juste d’infection et on me dit qu’il faut retirer  la fameuse prothèse qui est en train de me traverser. C’est en février 2012 que cela à été fait et que ma vie à basculé. En effet, le soir même du retrait, j’ai eu des gros soucis. 

Nouvelobs.com