Leukodecadence, Mutilation Genitale:Kim Blieschke “A cause des implants vaginaux, je ne pourais plus jamais avoir d’enfant”

Des milliers de femmes ont souffert après s’être fait poser une prothèse Prolift, désormais interdite. En France, cette affaire est passée inaperçue. Pourtant, les médecins qui ont développé le projet étaient français. Enquête.

Mars 2006, hôpital d’Adélaïde au sud de l’Australie. A son réveil, Kim Blieschke sent tout de suite que quelque chose ne va pas. Elle a été opérée pour une descente d’organes consécutive à trois accouchements longs et difficiles. Pour remonter son utérus et sa vessie, un chirurgien vient de lui insérer une prothèse vaginale Prolift.

C’est un tissu fait de mailles en plastique, qui soutient les organes comme un hamac, accroché à des ligaments et inséré par voie vaginale. Immédiatement, les douleurs sont insupportables. Des bleus de la taille d’une main ouverte apparaissent sur ses fesses et à l’arrière de ses cuisses. Quelques mois plus tard, sa paroi vaginale est nécrosée.

Il faudra dix ans et 14 opérations pour que Kim soit libérée : en 2016, un chirurgien du Missouri parvient à retirer la prothèse pour 50.000 dollars. Mais à 50 ans, l’ambulancière se décrit aujourd’hui comme “complètement incontinente”. “Je ne pourrai plus jamais avoir de rapports sexuels”, nous confiait-elle, en septembre. Depuis cet été, son calvaire est devenu un scandale sanitaire mondial.

Une histoire française

En Australie, 800 femmes ont lancé un recours collectif contre le laboratoire américain Johnson & Johnson, le fabriquant de la prothèse Prolift et d’autres implants vaginaux contestés. Le procès, démarré cet été, est en