Leukodécadence, Mutilation Génitale: Un Grand nombre de Jeunes se sentent mal dans leur peau

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Le docteur Ralph Abbou, chirurgien esthétique dans un cabinet parisien, reçoit des patients souvent très jeunes.

Pour la première fois, les 18-34 ans font désormais plus de chirurgie esthétique que la tranche des 50-60 ans, révèle une étude. Le docteur Ralph Abbou, 35 ans, en est le premier témoin. Dans son cabinet parisien de chirurgie plastique, les filles demandent souvent les fesses de Kim Kardashian, les garçons, le nez de Ben Affleck.*

 
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Pour la première fois, les jeunes font plus de chirurgie esthétique que les 50-60 ans. Ce chiffre vous étonne-t-il ?

RALPH ABBOU. Absolument pas. Depuis une quinzaine d’années, la médecine esthétique, comme les injections, qui ne nécessite pas d’interventions au bloc, a surtout explosé car les patients souhaitent de moins en moins être opérés. Ils veulent venir entre midi et deux et reprendre le cours de leur journée, sans convalescence. C’est vrai que les méthodes actuelles, non invasives, le permettent de plus en plus. On voit aussi, en consultation, une nouvelle génération de patients très jeunes qui utilisent les réseaux sociaux.

Comment les influencent-ils ?

 
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Aujourd’hui, plein de célébrités montrent leurs interventions et le résultat sur Snapchat ou Instagram. Elles se mettent en avant en publiant de très belles photos. Souvent, les patients, entre 18 et 30 ans, nous tendent leurs téléphones en disant, je veux le même nez, les mêmes yeux qu’un tel. Mais je leur explique qu’il s’agit d’images embellies, la lumière a été retouchée, des filtres rajoutés. La star Kim Kardashian revient tout le temps, ils veulent les mêmes lèvres et fesses. Les garçons demandent régulièrement le nez de l’acteur Ben Affleck. En fait, ils aimeraient surtout avoir la même vie.

La mode des selfies crée-t-elle des complexes ?

Oui, ils génèrent une « dysmorphophobie », la phobie de son propre corps. Des patients nous disent, regardez, j’ai pris une photo de moi, je ne suis pas joli, j’ai des cernes, un gros nez. On leur explique alors, et c’est prouvé, que les smartphones déforment l’image. Mais plusieurs fois par semaine, on voit des jeunes qui veulent une rhinoplastie ou un embellissement des lèvres pour faire de beaux selfies.

Plus que les patients, il semble que les professionnels de santé soient de plus en plus présents sur les réseaux sociaux ?

En effet. En France, presque la totalité des chirurgiens esthétiques est aujourd’hui présente sur Instagram. J’ai créé mon compte, il y a un an et demi, ce qui nous permet, avec mon associée, d’être plus facilement en contact avec les patients. C’est un moyen de communication supplémentaire.

Vous faites donc la promotion de votre activité ?

Pas du tout. Je tiens à le dire, ce n’est, en aucun cas, de la publicité. En France, elle est strictement interdite par l’ordre des médecins. Ce n’est pas le cas dans les autres pays du monde, comme aux États-Unis où les chirurgiens filment les opérations, qui peuvent être choquantes, comme le docteur Miami qui a été le premier à le faire (NDLR : suivi par 1,1 million de followers). Moi, je montre la vie du cabinet, comment se passe une journée. Sur les photos, les patients ne sont pas identifiables. Et lorsqu’en cabinet, on me demande des lèvres ou des implants mammaires trop gros, je dis non ! On a le droit de refuser et on le fait souvent.

Le Parisien