Leukodécadence: L’ENA va devoir réduire ses coûts de fonctionnement pour éviter la faillite

Un plan de retour à l’équilibre a été présenté au conseil d’administration de l’ENA le 10 octobre, affirme Bercy, alors que la prestigieuse École nationale d’administration a affiché 2,8 millions d’euros de déficit en 2017.

Y a-t-il péril en la demeure? Les finances de l’ENA sont dans le rouge, d’après les documents comptables auxquels Le Parisien a eu accès. Et si rien n’est fait, la prestigieuse école nationale d’administration pourrait bien faire faillite dans quatre ans, alerte le think-tank libéral iFrap, qui a passé au crible les dépenses et recettes de l’établissement d’où sort l’élite des hauts fonctionnaires et dirigeants politiques français.

Conscient «d’une fragilité financière de l’école», le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin a rappelé dans un communiqué avoir demandé, «dès l’été 2017», à Patrick Gérard, le nouveau directeur de l’ENA, de lui faire des propositions en vue d’un redressement durable de ses comptes. Un plan de retour à l’équilibre a ainsi été présenté au Conseil d’administration de l’école le 10 octobre dernier, précise le ministère. Cette demande a donné lieu à un travail approfondi d’analyse» et «les mesures retenues ont été définitivement validées par le ministre (des Comptes publics) en septembre dernier pour mise en œuvre dès l’exercice budgétaire 2019», ajoute Bercy.

Plan de redressement sur trois ans

Le secrétaire général de l’ENA, Thierry Rogelet, le concède volontiers: «sans plan de redressement, l’école aurait des difficultés d’ici trois ans». La situation financière de cet établissement d’élite paraît en effet alarmante. L’ENA enregistre un déficit de 2,8 millions d’euros en 2017, dont un million de recettes non encaissées (elles le seront en 2018), selon le Parisien. Ce déficit est notamment dû à des dépenses de personnel (30,9 millions d’euros) qui absorbent la presque totalité de la dotation de l’État. Sur ce montant, 9,2 millions d’euros étaient alloués à la rémunération des étudiants, qui ont le statut de fonctionnaires stagiaires et sont payés près de 1700 euros brut par mois pendant leurs deux ans de scolarité.

Le Figaro