Leukodécadence: Le Violeur Francis Heaulme(de type blanc de peau) jugé pour 3 nouveaux assassinats

PORTRAIT – Tueur en série atypique, Francis Heaulme a semé la mort au gré de ses pérégrinations sur les routes de France. Il a été reconnu coupable de neuf meurtres. Tous d’une extrême brutalité.

Dresser le portrait de Francis Heaulme, c’est entreprendre un macabre décompte. Celui de ses meurtres, neuf à ce jour. De ses procès aux assises, bientôt onze. Mais aussi de ses condamnations: «le routard du crime» a pris deux fois perpétuité et cumule, pour d’autres affaires, 125 années de prison, dont 53 de sûreté. Incarcéré depuis 26 ans, il terminera très probablement sa vie au fond de sa cellule. Avant d’être arrêté, l’existence de Francis Heaulme a été sordide et marginale, celle d’un grand escogriffe paumé sur lequel l’existence s’est acharnée avant qu’il ne s’acharne à son tour sur celle des autres.

«Son père lui mettait des raclées avec un nerf de bœuf»

Francis Heaulme a grandi dans «la misère morale et économique», au sein d’une famille imbibée d’alcool. Quand son père Marcel cognait sa femme, Jeanne, le futur tueur tentait de les séparer. «Sa mère est la seule à l’avoir aimé», raconte aujourd’hui un avocat au dossier de l’affaire de Montigny-lès-Metz. «Son père lui mettait des raclées avec un nerf de bœuf quand il était petit et l’enfermait dans la cave en le privant de nourriture. C’est sa mère qui venait le libérer en douce et qui lui donnait à manger.» Pour cet avocat, Heaulme a toujours eu du mal à avouer ses crimes car les reconnaître revenait à désobéir à cette mère toute sacrée qui lui avait appris à distinguer le bien du mal.

Vélo et alcool

Avec son allure un peu asexuée et son faible QI, son père, qui le traitait de «guignol», ne l’a jamais considéré comme un Heaulme, un vrai. Plus tard, les médecins lui diagnostiqueront un syndrome de Klinefelter, qui se traduit par la présence d’un chromosome féminin supplémentaire. Ses testicules sont atrophiés et ses glandes mammaires plus développées. Selon des experts, cette anomalie génétique ne serait pas à l’origine de sa dérive criminelle mais aurait contribué à lui façonner une personnalité confuse. De sa triste enfance, reste aujourd’hui sa petite sœur Christine, qui continue de lui rendre visite en prison et pour laquelle il garde une profonde affection.

Francis Heaulme en 1999, lors du procès sur le meurtre de Jean Rémy, tué en 1992 à Boulogne-sur-Mer.

La seule passion qu’on connaisse au jeune Francis Heaulme, c’est le vélo. L’adolescent fait partie d’un club local dont il arbore tout le temps le maillot de lycra. Il est fier de son Mercier rose, le même que Poulidor. Quand il ne s’évade pas en roulant, Francis Heaulme trouve une échappatoire dans le travers familial: l’alcool. Il commence à boire de grandes quantités de bière dès l’âge de 16 ans. Ses beuveries l’entraînent à commettre des violences contre lui-même: il s’automutile et fera, plus tard, plusieurs tentatives de suicide.

Tour de France

La mort de sa mère, le 16 octobre 1984, sera une déflagration pour le Mosellan de 25 ans. Le jour de l’enterrement, il se jette désespérément sur son cercueil. Trois semaines plus tard, le jeune homme endeuillé débute son itinéraire mortifère. Sa première victime, croisée à Montauville, s’appelle Lyonnelle Gineste, 17 ans. Cette apprentie boulangère est enlevée avec l’aide d’un complice, Joseph Molins, rencontré peu de temps auparavant. La jeune femme est violée avant d’être étranglée et égorgée. L’année suivante, ce qui lui restait de famille explose. Son père refait sa vie, sa sœur se met en couple. Sans emploi et sans logement, il s’installe chez sa grand-mère, à Veaux, tout près de Montigny-lès-Metz, où deux enfants de 8 ans seront massacrés en septembre 1986. C’est pour ce double infanticide qu’il comparaît en appel devant la cour d’assises de Versailles à partir de ce mardi.