Leukodécadence: Le Leukophile Bernard Preynat agresse des enfants dans son diocèse(Màj: Défroqué de sa chaire de prêtre)

Le père Bernard Preynat, dont les abus sexuels sur de jeunes scouts ont par effet de ricochet déclenché l’affaire Barbarin, a été défroqué jeudi par un tribunal ecclésiastique, la peine la plus lourde que pouvait infliger l’Eglise à l’abbé de 74 ans.

“Le tribunal a décidé de lui appliquer la peine maximale prévue par le droit de l’Église dans un tel cas, à savoir le renvoi de l’état clérical”, détaille la juridiction ecclésiastique dans un communiqué.

“Ce procès est sans doute dans les deux derniers siècles le plus gros procès que l’Eglise a eu à gérer eu égard au nombre de tierces parties et à la qualité même des faits”, raconte le père Bruno Gonçalves, président du tribunal, à l’antenne de RCF.

“Nous nous sommes déplacés pour écouter les uns et les autres” et “le père Preynat a collaboré”, ajoute-t-il.

Bernard Preynat dispose désormais d’un mois pour interjeter un appel qui serait suspensif. S’il ne fait pas appel, il ne faudra  plus l’appeler “père”. Et l’Eglise fera en sorte qu’il ne se retrouve pas “dans une situation d’indigence”, précise encore le père Bruno Gonçalves

Pour François Devaux, cofondateur de l’association de victimes La Parole Libérée, l’Eglise a été “contrainte d’arriver à la décision qu’ils auraient toujours dû prendre pour Preynat comme pour beaucoup d’autres”.

La Conférence des évêques de France a elle fait savoir qu’elle “tenait à ce que cet acte judiciaire de l’Eglise soit largement connu”, sans pour autant le commenter.

A Lyon, l’évêque auxiliaire Emmanuel Gobilliard fait remarquer à l’AFP que “c’est la première fois qu’un tribunal déclare Bernard Preynat coupable sur les faits”.

“Le tribunal a certainement pris en compte les circonstances aggravantes de Preynat, mettant en lumière le fait que son statut de prêtre participe à la manipulation des victimes, et que ce statut a un impact dans les corps, les cœurs et l’esprit des victimes de ces faits”, a-t-il ajouté.

Le père Preynat a été interdit de tout ministère pastoral en 2015 mais il pouvait encore célébrer des messes en privé. Capacité qui lui a été retirée en mars 2018 (BIEN 2018) par l’archevêché de Lyon. Son cas est aux sources de la retentissante affaire qui a éclaboussé l’Eglise de France et conduit à libérer la parole sur les affaires de pédophilie.

– Quid de l’indemnisation des victimes? –

Tout a commencé fin 2015, avec des plaintes déposées par d’anciens scouts contre Bernard Preynat. Rapidement des victimes se regroupent dans une association, La Parole Libérée, qui contribuera à “briser l’omerta”.

Début 2016, Bernard Preynat, qui reconnaît les faits, sera mis en examen pour agressions sexuelles sur plusieurs jeunes scouts mais de nombreux cas sont prescrits. Son procès devrait se tenir dans les prochains mois à Lyon.

Très vite, l’affaire Preynat est devenue l’affaire Barbarin. Fragilisé pour ne pas avoir informé la justice et pour avoir maintenu le prêtre au sein du diocèse de Lyon jusqu’en 2015, l’emblématique cardinal de Lyon sera poursuivi et condamné en mars dernier à six mois de prison avec sursis.

Tout en clamant son innocence, le cardinal Philippe Barbarin a présenté sa démission au pape, qui l’a refusée en attendant son procès en appel, prévu le 28 novembre.

Face à ce scandale, le Vatican comme l’Église de France ont pris une série de mesures pour lutter contre la pédophilie.

La culpabilité du père Preynat étant reconnue par l’Eglise, le tribunal ecclésiastique a indiqué qu’il pourrait “désormais se consacrer plus entièrement à l’étude de chacune des demandes de réparation financière” déjà émises par une vingtaine de victimes.

Le procès canonique du père Preynat, initialement conduit sous procédure “administrative” avait été commué en septembre en procès canonique “judiciaire” afin de permettre d’éventuelles réparations.

Faisant un comparatif avec des précédents en Suisse, François Devaux estime que les demandes pourraient tourner “autour de 20.000 euros” par victime, en moyenne. Mais les sources au diocèse contactées par l’AFP n’étaient pas en mesure de préciser qui paierait la facture.

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