Leukodécadence: La Leukocratie ne sait plus mener une opération de police…

Un policier a été mis en examen pour avoir tué un automobiliste au terme d’une course-poursuite. Il avait réquisitionné le scooter d’un particulier.

C’est une course-poursuite qui s’est terminée dans le sang. Mardi soir, un policier a pris en chasse un automobiliste qui refusait de se soumettre à un contrôle dans un quartier proche des Halles. Le gardien de la paix n’a pas hésité à monter à l’arrière du scooter d’un particulier pour rattraper l’homme en fuite.  

La course s’est achevée dans le 9e arrondissement, rue Condorcet. L’automobiliste aurait alors fait marche arrière et le fonctionnaire de police a tiré un coup de feu. Touché au thorax, le conducteur de la voiture est décédé des suites de ses blessures. Connu de la justice, il avait été condamné en février par le tribunal d’Evry pour “conduite sans permis” et “refus d’obtempérer dans des circonstances exposant directement autrui à un risque de mort ou d’infirmité”. 

 
 

Dans une interview donnée au Parisien, mercredi, le père de la victime, “en colère”, estime que le gardien de la paix aurait pu “relever la plaque d’immatriculation et venir le chercher à la maison ” au lieu de se livrer à une telle poursuite. L’agent des forces de l’ordre a été mis en examen jeudi soir

“Une tactique pour éviter de perdre du temps”

Reste le troisième homme de cet épisode. Un conducteur de scooter s’est donc retrouvé brièvement mêlé à une intervention des forces de l’ordre et a donc poursuivi une chauffeur en fuite, avec les risques que cela comporte. Une exception ou un cas prévu par la loi ? Ce type d’interventions n’est pas si rare, assure une source policière de la Bac (brigade anti-criminalité) à L’Express. “On peut réquisitionner un véhicule mais le conducteur n’est pas obligé d’accepter. C’est une tactique pour éviter de perdre du temps et ne pas perdre de vue le véhicule poursuivi.” 

 

Une méthode dont a été témoin le journaliste de France Inter Jean-Philippe Deniau, qui raconte sur Twitter avoir vécu une situation similaire “il y a quelques semaines”. 

Mardi soir, le policier s’est contenté d’être passager mais “il arrive qu’on prenne nous-même le volant si le conducteur ne nous paraît pas assez dynamique”, précise cette même source. 

Ce genre de “chasse”, selon le jargon d’usage, doit être effectué en liaison radio avec la salle de commandement. “Si la plaque d’immatriculation indique que le véhicule poursuivi n’a pas été volé, la salle de commandement nous demande généralement de stopper l’intervention, ajoute ce policier de la Bac. Le problème, c’est qu’il faut un peu de moins de 24 heures pour qu’un véhicule volé entre dans notre registre et qu’il y a aussi le problème des ‘doublettes’, les véhicules avec de fausses plaques. Dans le doute, le policier est parfois tenté d’aller au bout de son intervention”. Dans le cas de la rue Condorcet, le véhicule appartenait bien à la victime. 

 

L’Express